Une boisson courante en cas de stress pourrait nuire à la santé cardiaque
Après une journée de travail, il est courant de vouloir se détendre en s’asseyant et en se servant un verre de vin. Certains pensent que cela aide à faire retomber la pression. Cependant, même si l’on ne consomme qu’un ou deux verres, les cardiologues mettent en garde contre cette habitude.
Boire occasionnellement un verre de vin ou une bière lors d’un dîner ou entre amis n’est pas considéré comme problématique. En revanche, les préoccupations apparaissent lorsque cette consommation devient régulière, voire indispensable pour faire face au stress. L’American Heart Association, principal organisme de cardiologie américain, rappelle que le risque pour le cœur augmente avec la quantité et la fréquence de consommation d’alcool. Cela est particulièrement vrai au-delà d’un à deux verres par jour ou lors de soirées d’alcoolisation excessive.
Les effets néfastes de l’alcool en situation de stress
Sur le moment, l’alcool peut donner une sensation d’apaisement : les épaules se relâchent, les pensées ralentissent. Pourtant, cet effet est trompeur. L’alcool stimule en réalité le système nerveux, puis provoque un rebond d’adrénaline une fois l’effet dissipé. La cardiologue Heather Shenkman explique que se tourner vers l’alcool en période de stress peut être particulièrement dangereux pour le cœur. Le corps associe alors chaque montée de stress à un besoin d’alcool, ce qui fait subir au cœur des variations répétées de fréquence et de tension.
De plus, Santé publique France indique qu’à partir de quelques verres réguliers, la pression artérielle augmente. L’alcool resserre les vaisseaux sanguins, accélère le rythme cardiaque et favorise l’hypertension. Chez une personne déjà hypertendue, même de petites quantités peuvent avoir des effets néfastes. L’Assurance Maladie recommande de ne pas dépasser 10 verres standard par semaine et de limiter à deux verres par jour. Ces seuils peuvent rapidement être atteints si chaque soir stressant se termine par un verre.
Les conséquences sur le cœur
Un seul excès après une semaine difficile peut provoquer des palpitations. Selon le cardiologue Adedapo Iluyomade, cela peut entraîner un syndrome du cœur des fêtes, caractérisé par des troubles du rythme, notamment une fibrillation atriale. Cette dernière correspond à un rythme rapide et irrégulier du cœur, pouvant causer essoufflement, malaise, et battements désordonnés. Elle augmente aussi le risque d’accident vasculaire cérébral ou d’insuffisance cardiaque.
Une consommation régulière d’alcool sur plusieurs années peut également endommager le muscle cardiaque. Les cardiologues parlent alors de cardiomyopathie alcoolique, une maladie où le cœur s’agrandit, devient plus fragile et pompe moins efficacement. Cela peut conduire à une insuffisance cardiaque.
L’alcool impacte aussi le sommeil. Après avoir bu, la fréquence cardiaque nocturne augmente et sa variabilité diminue. Cette variabilité est un indicateur de la capacité du système nerveux autonome à passer du mode alerte au mode repos.
Des alternatives pour se calmer ou dormir
En France, il est conseillé de ne pas dépasser 10 verres standard par semaine, avec des jours sans alcool et un maximum de deux verres par jour. Si votre verre du soir est devenu une habitude automatique pour vous calmer ou vous endormir, il vaut mieux essayer d’autres solutions. Par exemple, pratiquer quelques minutes de respiration profonde, marcher, faire du yoga ou simplement prendre un moment de calme sans écrans.
Selon Heather Shenkman, de petites habitudes régulières peuvent contribuer à un esprit plus serein et à un cœur plus sain. En cas de palpitations, d’essoufflement ou de mal-être persistant, il est important d’en parler à un médecin ou à un thérapeute.






