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Rhumes en vue : attention au surdosage de paracétamol cet hiver

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La saison des rhumes approche : attention au paracétamol

Avec la baisse des températures dans la moitié Nord du pays, la saison des rhumes arrive à grands pas. Avant même l’apparition des premiers nez bouchés, des pharmaciens tirent la sonnette d’alarme concernant l’automédication. Beaucoup de patients achètent des médicaments contre le rhume sans toujours demander conseil, ce qui peut entraîner des risques de surdosage, notamment en paracétamol.

Les médicaments vendus en libre accès sont souvent placés « devant le comptoir », sans accompagnement du pharmacien. Cela pousse certains à combiner plusieurs traitements, pensant accélérer leur guérison, sans réaliser qu’ils peuvent se retrouver à prendre plusieurs médicaments contenant du paracétamol simultanément.

Un médicament sans risque n’est pas inoffensif

Selon la pharmacienne américaine Danielle Oncer, un médicament en vente libre n’est pas nécessairement sans danger. Elle précise que ces produits sont généralement « sans risque majeur » s’ils sont utilisés selon les recommandations et sans les mélanger à d’autres traitements. Depuis avril 2020, un encadré rouge sur les boîtes françaises rappelle que le paracétamol peut causer de graves dommages au foie en cas de dépassement de dose.

Le paracétamol ne se limite pas aux comprimés antidouleurs que l’on trouve dans nos salles de bain. Il est aussi présent dans de nombreux médicaments contre le rhume, comme Actifed Rhume, Dolirhume, Humex Rhume, Rhinadvil Rhume ou Nurofen Rhume, ainsi que dans leurs génériques, listés par l’ANSM. Ces médicaments combinent souvent paracétamol, décongestionnant et antihistaminique, sous forme de comprimés ou de sachets à diluer.

Il est essentiel de lire attentivement la notice et la liste des ingrédients sur la boîte. La substance active doit toujours être vérifiée pour éviter de prendre deux médicaments contenant du paracétamol en même temps.

Les risques pour le foie : un danger silencieux

Lorsqu’une dose excessive de paracétamol est ingérée, le foie subit un choc sans immédiatement montrer de signes. Stephanie Redmond explique que le glutathion, un antioxydant naturel du foie, neutralise normalement certains résidus toxiques du paracétamol. Cependant, à fortes doses, il s’épuise et une substance toxique, le NAPQI, s’accumule, détruisant les cellules hépatiques.

Les premiers symptômes peuvent être discrets, comme des nausées ou des vomissements, dans les premières 24 heures. Entre 24 et 72 heures, ces symptômes peuvent disparaître, mais les lésions au foie continuent en silence.

La consommation d’alcool augmente encore le risque, car l’alcool et le paracétamol sont tous deux métabolisés par le foie. Stephanie Redmond rappelle que cette association peut aggraver la toxicité hépatique.

Après trois à quatre jours, des signes graves peuvent apparaître : jaunisse, douleurs sous les côtes droites, saignements, atteinte des reins ou insuffisance hépatique, qui peut être mortelle. L’Assurance Maladie indique que les personnes pesant moins de 50 kg, celles souffrant de maladies du foie ou des reins, les personnes âgées ou consommatrices régulières d’alcool doivent faire preuve d’une vigilance accrue et demander conseil à leur pharmacien.

Les conseils pour éviter le surdosage

  • Lire systématiquement la liste des substances actives sur chaque boîte.
  • Ne jamais combiner des comprimés de paracétamol avec des médicaments « rhume » en contenant déjà.
  • Respecter la dose recommandée : 500 mg à 1 g par prise, toutes les 4 à 6 heures, sans dépasser 3 g par jour.
  • Éviter la consommation d’alcool pendant la prise de paracétamol.
  • Consulter un médecin si la fièvre dure plus de trois jours ou si la douleur persiste plus de cinq jours.

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