Les compléments alimentaires et les risques pour les personnes sous antidépresseurs
Les compléments alimentaires sont devenus très courants. Beaucoup de personnes prennent des vitamines D pour renforcer leurs os, du magnésium pour diminuer la nervosité, ou encore de la vitamine C pour augmenter leur énergie. Même s’ils se vendent sans ordonnance et que certains sont issus de plantes, ils peuvent présenter des risques, surtout lorsqu’on prend déjà des médicaments.
Chez les personnes sous antidépresseurs, certains compléments peuvent interagir avec leur traitement. Des psychiatres soulignent l’importance de faire preuve de vigilance, notamment avec ceux qui agissent sur la sérotonine.
Le millepertuis, un complément à éviter absolument
Le millepertuis est une plante souvent utilisée pour améliorer l’humeur. Cependant, il inquiète particulièrement les spécialistes. Selon le Dr Allen Masry, il faut éviter d’en prendre avec des antidépresseurs sans avis médical. En effet, le millepertuis possède des propriétés sérotoninergiques similaires à celles de nombreux antidépresseurs (ISRS, IRSN, IMAO, ATC). Il peut ainsi augmenter le risque de syndrome sérotoninergique, une réaction rare mais potentiellement grave, caractérisée par des symptômes comme agitation, transpiration, tremblements, diarrhée, fièvre, raideur musculaire ou confusion.
En outre, le millepertuis peut modifier le métabolisme de certains médicaments. Le Dr Omotola Ajibade explique qu’il contient des enzymes capables d’accélérer la dégradation de médicaments comme les anticoagulants ou les contraceptifs, ce qui peut réduire leur efficacité.
Autres compléments à surveiller
Le millepertuis n’est pas le seul complément à faire attention. Les spécialistes mettent aussi en garde contre le 5-HTP, le tryptophane et la SAMe. Avant de débuter la prise de ces substances, il est conseillé d’en parler à un médecin.
Malgré leur disponibilité sans ordonnance, ces agents actifs issus de sources naturelles ne sont pas sans danger. Leur puissance pharmacologique peut entraîner des interactions ou des effets indésirables. La SAMe, par exemple, doit être utilisée avec précaution chez les personnes atteintes de troubles bipolaires, car elle peut provoquer une activation ou une manie.
Le Dr Hans Watson souligne que si un complément peut modifier l’humeur, il peut aussi interagir avec un traitement psychiatrique. La fabrication de ces produits étant moins encadrée que celle des médicaments, il existe un risque de sous-dosage ou de surdosage involontaire. Il insiste sur le fait qu’il est important d’être vigilant et de consulter un professionnel avant de les prendre.






