Accueil Santé Cancer : un risque mental à ne pas sous-estimer après le diagnostic

Cancer : un risque mental à ne pas sous-estimer après le diagnostic

3
0

Recevoir un diagnostic de cancer bouleverse souvent la vie des patients. Si les traitements visent principalement à lutter contre la maladie, une nouvelle étude met en lumière un risque supplémentaire, parfois négligé : celui de développer un trouble mental dans les années qui suivent le diagnostic.

Des chercheurs de l’Université de Copenhague, au Danemark, ont analysé les données de 289 391 Danois ayant reçu un diagnostic de cancer entre 1995 et 2015. Aucun d’eux ne présentait d’antécédent de maladie psychiatrique avant cette annonce. Pourtant, près d’un patient sur deux a développé un trouble mental au cours des 25 années suivant son diagnostic.

Un risque plus élevé dans la première année

Les résultats montrent que les patients atteints d’un cancer ont plus de deux fois plus de risques de développer un trouble mental que la population non atteinte. De plus, durant la première année après l’annonce, ce risque est multiplié par cinq, notamment en raison d’une hospitalisation ou de la prescription de médicaments psychotropes.

Ce risque diminue par la suite, mais reste supérieur à celui de la population générale. Plus de dix ans après le diagnostic, il est encore environ 40 % plus élevé. Le professeur Christoffer Johansen souligne que cette persistance est frappante, presque comme si la survie au cancer était devenue une condition associée à un risque accru de troubles mentaux.

Variations selon le type de cancer

Les chercheurs ont observé que le risque diffère selon le type de cancer. Les patients atteints de cancer du pancréas présentent le risque le plus élevé, environ douze fois supérieur à la moyenne pour développer un trouble mental. Suivent les cancers du cerveau, de l’œsophage, du poumon et du foie.

En revanche, les cancers du sein, de la prostate et le mélanome sont associés à un risque plus faible, bien qu’il reste supérieur à celui de la population sans cancer. Selon le Pr Johansen, cette différence s’explique par le pronostic souvent plus sombre de certains cancers. « Les cancers dont l’espérance de vie est courte ou qui ont un impact majeur sur la qualité de vie sont plus souvent liés à des troubles mentaux, » explique-t-il. À l’inverse, les cancers avec de meilleures chances de traitement et de survie présentent un risque plus faible, mais supérieur à la normale.

Les troubles couramment observés

Les troubles mentaux les plus fréquents chez ces patients sont l’anxiété, la dépression et les troubles liés à l’usage de substances. Les chercheurs expliquent que le diagnostic de cancer constitue une épreuve psychologique majeure, qui peut déclencher ces réactions, notamment la peur d’une récidive ou la perte de contrôle.

Ils recommandent la mise en place d’un accompagnement psychologique dès le début des traitements, pour mieux soutenir les patients tout au long de leur parcours de soins.

Source : Incident mental disorders following cancer: analysis of real-world psychiatric outcomes in a nationwide population-based cohort study in Denmark across three decades, British Journal of Cancer, juillet 2026

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici