Les raisons derrière les larmes en écoutant de la musique seul(e)
Vous avez déjà pleuré en écoutant une chanson seul(e) avec votre casque ? Selon la psychologie, ce n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt une indication d’un profil émotionnel particulier. Des études montrent que ces épisodes de larmes s’accompagnent souvent de huit traits émotionnels spécifiques.
Un phénomène courant et universel
Une synthèse de recherches réalisée en 2017 indique que près de 90 % des personnes ont déjà été émues au point de pleurer ou de ressentir une forte émotion en écoutant de la musique. Une enquête menée par la psychologue Ute Hanser auprès de 2 778 adultes révèle que 64 % de ces épisodes se produisent en solitude, principalement entre 20 heures et minuit. Une autre étude menée par Qianjing Zhang montre que l’on perçoit une musique triste encore plus triste, ou une musique joyeuse encore plus joyeuse, quand on est seul. La solitude amplifie donc nos émotions, car il y a moins de filtres sociaux pour modérer nos réactions.
Deux types de larmes musicales : tristesse et émerveillement
Une étude sur 892 adultes a identifié deux profils principaux : ceux liés à la tristesse et ceux liés à l’émerveillement esthétique. Les premières sont souvent associées à des chansons populaires évoquant une rupture ou une personne chère. Elles touchent davantage les personnes ayant un niveau élevé de névrosisme, un trait de personnalité lié à l’anxiété et à la rumination. Les secondes apparaissent plutôt avec des musiques classiques ou religieuses jugées belles et complexes. Elles sont liées à une forte ouverture à l’expérience, caractéristique de la curiosité et de la sensibilité artistique.
Une équipe japonaise, dirigée par Kazuma Mori et Makoto Iwanaga, a aussi différencié les frissons musicaux des larmes. Les frissons correspondent à une montée d’excitation, tandis que les larmes sont souvent associées à une sensation de détente et d’apaisement après coup. La musique devient alors un outil pour réguler ses émotions : on choisit un morceau pour « ouvrir les vannes » puis on se sent plus calme.
Les 8 traits émotionnels liés aux larmes musicales
Les plateformes de vulgarisation regroupent souvent ces résultats en une liste de traits. Ce ne sont pas des diagnostics, mais ils reflètent des tendances fréquentes chez celles et ceux qui pleurent facilement en écoutant une chanson, surtout en privé :
- Empathie : capacité à percevoir rapidement la détresse ou la joie dans une voix ou une harmonie.
- Introspection : la musique suscite un dialogue intérieur sur votre vie, vos choix ou vos manques.
- Sensibilité esthétique : la beauté d’un arrangement ou d’une mélodie vous bouleverse.
- Ouverture émotionnelle : vous laissez vos émotions s’exprimer, même si cela signifie pleurer.
- Mémoire autobiographique vive : certains morceaux évoquent des souvenirs précis, parfois très anciens.
- Gout de la solitude rassurante : écouter seul(e) crée un espace où vous pouvez lâcher prise.
- Valeur accordée à l’expression des émotions : montrer ses larmes est pour vous naturel, voire sain.
- Intensité émotionnelle : vous ressentez fort, avec parfois des frissons ou une gorge serrée, comme si vous étiez « submergé(e) ».
Ces traits peuvent être de véritables ressources pour la créativité ou pour mieux comprendre ses émotions. Cependant, si les pleurs deviennent fréquents, hors contexte musical, ou s’accompagnent d’une perte de plaisir, d’isolement, de pensées noires ou de troubles du sommeil, il est conseillé de consulter un professionnel de santé. Après une écoute forte émotionnellement, il peut aussi être utile de pratiquer quelques respirations, de noter ce que la musique a réveillé, puis d’écouter un morceau plus neutre pour revenir doucement à la réalité.






