Les effets de la télévision sur le cerveau à long terme
Depuis longtemps, la phrase « Éteins cette télé, elle va te rendre abruti ! » circule dans les familles, souvent pour rappeler aux enfants de ne pas rester trop longtemps devant leur écran. Mais aujourd’hui, des chercheurs s’interrogent : la télévision pourrait-elle réellement laisser une trace dans le cerveau ?
Une étude publiée en 2026 dans la revue Alzheimer’s & Dementia apporte des éléments de réponse. Elle montre que les personnes qui regardaient beaucoup la télévision à l’âge de quarante ans présentent, plusieurs décennies plus tard, des différences visibles à l’IRM cérébrale.
Ce que la télévision peut faire à votre cerveau
Selon cette étude, regarder la télévision « très souvent » à la quarantaine est associé, plus de vingt ans plus tard, à un rétrécissement général du cerveau. Les IRM révèlent notamment une diminution du volume dans des régions clés : celles impliquées dans la mémoire et l’orientation, appelées “zones signature Alzheimer”, ainsi que dans les lobes frontaux, responsables des fonctions exécutives, et dans les lobes occipitaux, qui traitent l’information visuelle.
Les images montrent également une augmentation des hyperintensités de la substance blanche, un marqueur de maladies vasculaires cérébrales. Ces anomalies sont liées à un risque accru d’AVC et à un déclin cognitif. Selon une autre étude, le fait de regarder la télévision très souvent à cet âge augmente le risque de développer une démence d’environ 69 % par rapport aux personnes qui la regardent rarement ou pas du tout.
Comment l’étude a été menée
Les chercheurs ont analysé les données de près de 1 700 adultes, dont l’âge moyen était de 53 ans au début de l’étude. Ces participants ont été inclus dans l’étude ARIC, une vaste cohorte américaine consacrée à la santé cardiovasculaire et cérébrale, entre 1987 et 1989.
À l’époque, ils indiquaient à quelle fréquence ils regardaient la télévision (de « jamais/rarement » à « très souvent ») et combien de temps ils passaient assis au travail. Plus de vingt ans plus tard, chacun a passé une IRM cérébrale. Les résultats montrent des liens entre la consommation de télévision et la santé du cerveau, même après avoir pris en compte d’autres facteurs comme l’activité physique, le diabète, le tabagisme ou l’obésité.
Le professeur David Raichlen, de l’USC Dornsife College, explique que ces résultats suggèrent qu’il faut aussi surveiller ce que l’on fait lorsque l’on reste assis, et pas seulement le temps passé devant un écran.
Les effets positifs d’une activité différente
Les chercheurs ont aussi observé que les personnes qui passaient beaucoup de temps assises pour leur travail, mais qui pratiquaient d’autres activités intellectuellement stimulantes, avaient un cerveau en meilleure santé. Leur volume dans les lobes frontaux et occipitaux était plus important, et ils présentaient moins d’hyperintensités.
Natan Feter, chercheur en biologie humaine, précise que de nombreux emplois sédentaires sont aussi intellectuellement exigeants. Il recommande donc de remplacer une partie du temps passé à regarder la télévision par des activités stimulantes.
- Lecture ou écoute attentive de livres audio
- Puzzles, mots croisés ou jeux de logique
- Cours en ligne, apprentissage d’une langue ou d’un instrument
- Appels vidéo avec des proches, plutôt que de regarder seul






