De nombreuses régions françaises ont été touchées par des incendies cet été. Le dimanche 12 juillet, un feu s’est déclaré dans la forêt de Fontainebleau, parcourant près de 2 000 hectares, selon le préfet de Seine-et-Marne.
Si l’impact des feux de forêt sur la faune et la flore est évident, qu’en est-il de leur effet sur la santé des personnes exposées ? Le Dr Frédéric Le Guillou, pneumologue et président de l’association Santé respiratoire France, fait le point sur les risques pour la santé respiratoire et donne des conseils pour se protéger.
Substances nocives issues des incendies
Les incendies dégagent plusieurs substances qui peuvent affecter la santé respiratoire. Selon le Dr Le Guillou, « il y a des substances communes à presque tous les incendies et d’autres spécifiques à ce qui brûle. »
Dans le cas des feux de forêt ou d’incendies de bâtiments, on trouve notamment des particules fines, du monoxyde de carbone, du dioxyde d’azote, ainsi que des composés organiques volatils. Il peut également y avoir des hydrocarbures polycycliques, des métaux lourds ou encore de l’oxyde d’azote.
Ces polluants peuvent pénétrer dans les voies respiratoires, provoquant des symptômes tels que toux, picotements dans la gorge ou larmoiements. La gravité des effets dépend de la durée, de l’intensité et du niveau d’exposition. Le Dr Le Guillou insiste sur le fait que l’accumulation de ces expositions peut conduire à des maladies respiratoires chroniques. En cas de symptômes persistants, il recommande de consulter un médecin.
Les impacts des incendies sur la santé
Les effets sur la santé varient en fonction de plusieurs facteurs : la distance par rapport au feu, la concentration de particules dans l’air, ou encore le vent. Le Dr Le Guillou rappelle que, lors des grands incendies en Amérique du Nord, la qualité de l’air en Europe a été impactée.
Surtout, ce sont les personnes fragiles, notamment celles ayant des problèmes respiratoires, qui sont les plus à risque. « Si vous n’avez pas de problème respiratoire, il n’y a généralement pas de inquiétude, sauf si vous avez des troubles non diagnostiqués qui s’aggravent », précise le pneumologue.
Risques pour les populations vulnérables
Les enfants sont particulièrement sensibles, leur arbre respiratoire étant encore en développement jusqu’à l’âge de 20 ans. Les personnes âgées, quant à elles, présentent une diminution des défenses immunitaires et un vieillissement des voies respiratoires, ce qui peut entraîner des formes plus graves d’atteintes pulmonaires.
Pour les personnes déjà atteintes de maladies respiratoires, l’exposition aux substances issues des incendies peut aggraver leurs symptômes, comme la toux, la production de crachats ou un essoufflement. Le Dr Le Guillou souligne que ces effets peuvent aussi survenir lors de situations quotidiennes, comme lors d’une infection virale ou en présence d’un nuage de sable ou de pollen en forte concentration.
Conseils pour se protéger
Pour limiter l’impact des fumées toxiques, le Dr Le Guillou recommande plusieurs mesures : rester chez soi autant que possible, porter un masque si l’on doit sortir — de préférence un masque filtrant comme un FFP2 —, porter des lunettes, et éviter l’activité physique en extérieur. Il est également conseillé de bien isoler son logement si l’on habite à proximité d’un incendie.
Face à un incendie, la Préfecture des Bouches-du-Rhône recommande, en cas de fumée dense, de limiter les déplacements, de garder portes et fenêtres fermées, et de surveiller les personnes vulnérables. En cas d’exposition directe à la fumée, il faut porter un masque de protection adapté, comme ceux utilisés contre le Covid.
Enfin, il est conseillé de réduire ou reporter les activités physiques intenses en extérieur lorsque la qualité de l’air est dégradée.
Le Dr Le Guillou remercie ses collègues pour leur expertise et rappelle l’importance de suivre ces recommandations pour préserver sa santé respiratoire face aux incendies.






