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Vaccins anti-coronavirus : la nouvelle arme pour contrer tous les variants

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La pandémie de Covid-19 a montré à quel point un nouveau coronavirus peut rapidement perturber les systèmes de santé et la vie quotidienne. Si les vaccins développés en un temps record ont permis de réduire la gravité des formes de la maladie, ils présentent une limite. En effet, ils ciblent un virus précis, alors que les coronavirus continuent d’évoluer et de donner naissance à de nouveaux variants.

Depuis, de nombreuses équipes de recherche travaillent sur une nouvelle génération de vaccins. Ces derniers viseraient à protéger contre toute une famille de virus, et non pas un seul. C’est dans ce contexte que des chercheurs des universités de Southampton et de Cambridge ont mis au point pEVAC-PS. Ce vaccin, conçu à l’aide de l’intelligence artificielle, doit déclencher une réponse immunitaire contre plusieurs coronavirus. Leur premier essai clinique chez l’humain, publié en 2026 dans la revue Journal of Infection, donne un premier aperçu de cette approche innovante.

Un vaccin sûr, mais une efficacité encore limitée

Lors de ce premier essai, 39 adultes déjà vaccinés contre le Covid-19 ont reçu deux doses du vaccin, administrées sans aiguille, grâce à un injecteur qui propulse le produit à travers la peau. Aucun effet indésirable grave n’a été observé, et les réactions se limitaient à quelques rougeurs ou douleurs passagères.

En revanche, il reste à prouver l’efficacité du vaccin. Il a bien provoqué une réponse immunitaire, mais celle-ci est restée modeste. Pour Bruno Lina, virologue et président de l’Université Claude Bernard Lyon 1, « on ne peut pas se permettre d’avoir une réponse immunitaire inférieure à celle obtenue par la vaccination classique ». Autrement dit, si le concept est prometteur, ses performances devront être nettement améliorées.

Pourquoi ce vaccin pourrait quand même changer la donne

L’idée derrière ce vaccin est de cibler une partie des coronavirus qui varie peu d’un virus à l’autre. En théorie, cela permettrait de protéger non seulement contre le Covid-19, mais aussi contre de futurs coronavirus encore inconnus.

Fabrice Porcheray, responsable du département Innovation de l’ANRS Maladies infectieuses émergentes, considère cette approche comme « scientifiquement légitime ». Cependant, il rappelle qu’une zone commune à plusieurs virus n’est pas nécessairement la meilleure cible pour empêcher leur infection. Comme le résume Bruno Lina, « il s’agit d’un raisonnement solide, mais qui doit être confronté à une validation biologique et clinique ».

Un vaccin qui ne sera pas prêt tout de suite

Malgré l’intérêt de cette stratégie, il faudra encore patienter avant qu’elle ne devienne une réalité. Bruno Lina explique que « le développement d’un vaccin et son approbation par les agences réglementaires prennent généralement entre 5 et 10 ans ».

Par ailleurs, d’autres pistes de recherche sont déjà explorées. Parmi celles-ci, un vaccin nasal développé en France ou une approche de l’Institut Pasteur qui vise non plus le virus, mais la porte d’entrée qu’il utilise pour pénétrer dans les cellules humaines. Ces différentes stratégies pourraient aussi contribuer à mieux préparer le monde face aux prochaines pandémies.

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