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Le romarin pourrait-il sauver votre cerveau contre Alzheimer?

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Le romarin : une herbe aromatique sous étude pour la maladie d’Alzheimer

Sur TikTok et dans certains blogs, le couple « romarin et Alzheimer » suscite beaucoup d’intérêt. Certains affirment qu’une simple herbe aromatique pourrait protéger le cerveau. Le romarin (Rosmarinus officinalis), qui est couramment utilisé en cuisine méditerranéenne, fait également l’objet de recherches scientifiques sérieuses sur la mémoire et le vieillissement cérébral. En particulier, un de ses composants, l’acide carnosique, ainsi qu’un dérivé nommé diAcCA, ont montré des résultats prometteurs chez la souris.

Pour l’instant, la réponse est claire : le romarin ne permet pas de traiter la maladie d’Alzheimer. Cependant, certaines molécules qu’il contient ouvrent des pistes de recherche crédibles. Il est important de distinguer une infusion ou une huile essentielle de la molécule purifiée, stabilisée et testée en laboratoire. C’est cette différence qui alimente à la fois l’espoir et les fantasmes autour de cette plante.

Le romarin, symbole de mémoire depuis l’Antiquité, en voie d’étude clinique

Dans l’Antiquité grecque et romaine, les étudiants portaient du romarin en couronne pour stimuler leur mémoire et leur clarté mentale. Cette réputation de « plante du souvenir » n’est pas qu’un symbole. Une petite étude, mentionnée par la pharmacienne Dipa Kamdar sur la plateforme The Conversation, a montré que des volontaires qui respiraient l’arôme de romarin obtenaient de meilleurs résultats lors de tests de mémoire, par rapport à un groupe témoin.

Les chercheurs suspectent surtout un rôle du composé volatil 1,8-cinéole. Celui-ci passe dans le sang après inhalation et agit sur le système cholinergique du cerveau. Il aurait pour effet de freiner l’activité de l’enzyme acétylcholinestérase, qui dégrade l’acétylcholine, un neurotransmetteur essentiel pour l’apprentissage et l’attention. Plusieurs médicaments contre Alzheimer ciblent déjà cette enzyme. Par ailleurs, le romarin possède également des effets apaisants sur l’anxiété et le sommeil, ce qui peut indirectement soutenir la cognition.

Les recherches récentes sur l’acide carnosique, diAcCA et la voie Nrf2

Au-delà de son parfum, le romarin est riche en polyphénols, notamment l’acide carnosique. Ce composé possède des propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires. Il active la voie Nrf2, un système de défense cellulaire contre le stress oxydatif. Or, ce stress et l’inflammation chronique jouent un rôle majeur dans la progression de la maladie d’Alzheimer, notamment à travers la formation d’agrégats de protéines comme l’amyloïde-β et la tau phosphorylée.

Une équipe internationale a développé une forme stabilisée de l’acide carnosique, appelée diAcCA. Selon un article publié en février 2025 dans la revue Antioxidants, cette molécule testée chez des souris modèles d’Alzheimer a montré des effets positifs : elle a amélioré la mémoire, augmenté la densité des synapses, réduit l’inflammation cérébrale et diminué la formation des dépôts d’amyloïde-β et de tau. La diAcCA présente aussi une biodisponibilité orale supérieure de 20 % à celle de l’acide carnosique classique, avec une activation préférentielle dans les zones cérébrales enflammées. Aucune toxicité n’a été détectée chez l’animal, mais ces résultats restent précliniques. Aucun test chez l’humain n’a encore été réalisé.

Utiliser le romarin en toute sécurité, sans croire aux miracles

Une étude menée auprès de 80 adultes a testé une boisson au romarin (250 mL par jour) en la comparant à de l’eau minérale. Les résultats ont montré de légères améliorations sur certaines performances cognitives et la circulation cérébrale. Cependant, ces effets restent modestes. De plus, cette étude ne portait pas sur des patients atteints d’Alzheimer ni sur l’évolution de la maladie.

Consommer du romarin en cuisine ou sous forme de tisane ne permet pas d’atteindre les doses d’acide carnosique ou de diAcCA utilisées dans les expérimentations animales. Le romarin reste donc une plante à intégrer dans une alimentation équilibrée ou en aromathérapie légère. Il ne doit pas être considéré comme un traitement miracle.

Les experts rappellent que les usages intensifs ou concentrés comportent des risques :

  • Une ingestion excessive d’huile essentielle de romarin sans avis médical peut provoquer des vomissements ou des crises chez les personnes épileptiques.
  • Il existe aussi un risque théorique de contractions utérines en cas de grossesse.
  • Des interactions possibles avec certains médicaments, notamment les anticoagulants, sont aussi à surveiller.

Il est conseillé d’éviter l’automédication avec des huiles essentielles sans consultation médicale. En cas de traitement pour Alzheimer, d’épilepsie, de grossesse ou de polymédication, il faut demander conseil à son médecin avant tout complément à base de romarin.

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