Un cardiologue met en garde contre cinq médicaments courants pouvant endommager le cœur
Le 27 juin 2025, le quotidien indien Hindustan Times a relayé un message du cardiologue américain Dr Dmitry Yaranov. Sur Instagram, il alerte sur cinq types de médicaments souvent présents dans nos armoires à pharmacie. Selon lui, ces médicaments peuvent, s’ils sont pris sur le long terme ou chez des personnes fragiles, endommager le muscle cardiaque sans provoquer de symptômes immédiats.
Il souligne notamment que certains médicaments courants, comme les analgésiques, décongestionnants, stimulants, ou traitements pour le diabète ou le cancer, peuvent avoir des effets nocifs pour le cœur. Bien qu’ils soient souvent utiles, une utilisation répétée ou prolongée peut faire peser un risque accru sur la santé cardiaque.
Pourquoi ces médicaments peuvent fatiguer le cœur
Plusieurs classes de médicaments agissent directement ou indirectement sur la circulation sanguine et le muscle cardiaque. Par exemple, certains augmentent la pression artérielle, provoquent une rétention d’eau ou accélèrent le rythme cardiaque. Ces effets obligent le cœur à travailler plus fort en permanence.
De plus, des traitements comme la doxorubicine ou le trastuzumab, utilisés en chimiothérapie, peuvent endommager directement les cellules du muscle cardiaque. À terme, cela peut entraîner une insuffisance cardiaque.
Ces médicaments présentent un risque d’arythmies, d’infarctus ou d’insuffisance cardiaque, surtout s’ils sont pris à forte dose ou pendant une longue période. Une étude de l’école de médecine Harvard indique environ deux événements cardiovasculaires graves supplémentaires pour 1 000 personnes chaque année, chez celles qui prennent régulièrement des AINS comme l’ibuprofène. Si ce chiffre reste faible pour un individu, il montre que l’usage chronique de ces médicaments peut devenir risqué.
Cinq familles de médicaments à surveiller pour votre santé cardiaque
Selon Dr Dmitry Yaranov, il faut faire particulièrement attention à cinq familles de médicaments, surtout si leur usage n’est pas encadré par un professionnel de santé :
- AINS (ibuprofène, naproxène) : disponibles en vente libre, ils peuvent augmenter la tension, favoriser la rétention d’eau et aggraver une insuffisance cardiaque existante en cas d’usage prolongé.
- Décongestionnants à la pseudoéphédrine : en contractant les vaisseaux sanguins, ils élèvent la pression artérielle et peuvent provoquer des palpitations ou des troubles du rythme, notamment chez les personnes hypertendues. La revue Prescrire et l’Agence européenne des médicaments recommandent la prudence dans leur utilisation.
- Stimulants (médicaments du TDAH, amphétamines) : ils accélèrent le rythme cardiaque et augmentent la tension, compliquant le contrôle de l’hypertension.
- Certaines chimiothérapies (doxorubicine, trastuzumab) : elles peuvent causer une cardiotoxicité durable, nécessitant un suivi régulier par des échographies et un suivi spécialisé.
- Rosiglitazone : un anti-diabétique anciennement utilisé, qui peut provoquer ou aggraver une insuffisance cardiaque. La plupart des médecins privilégient désormais d’autres options.
Profils à risque et conseils pratiques
Les personnes âgées, celles souffrant d’hypertension, d’antécédents d’infarctus, d’insuffisance cardiaque ou d’arythmies, ainsi que les diabétiques ou celles sous plusieurs traitements quotidiens, sont particulièrement vulnérables. Pour eux, chaque nouveau médicament, même pour un simple rhume, doit être discuté avec un médecin ou un pharmacien. Il est important de signaler ses traitements en cours avant de prendre un nouveau médicament.
Il est également conseillé de lire attentivement la notice, de repérer la présence d’AINS ou de pseudoéphédrine, et de poser des questions avant d’augmenter ou de multiplier les prises. La prudence est essentielle, car l’arrêt d’un traitement, comme la chimiothérapie ou un traitement du diabète, doit toujours être encadré par un professionnel de santé.
En cas de symptômes graves tels qu’une douleur thoracique brutale, un essoufflement, des palpitations persistantes ou un malaise, il faut immédiatement contacter le 15 ou le 112, sans attendre.






