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Cancer du pancréas : le dépistage précoce sauve des vies

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Un dépistage précoce du cancer du pancréas pour les personnes à risque

Le cancer du pancréas demeure l’un des plus meurtriers, car il est souvent détecté trop tard pour une intervention chirurgicale efficace. Au Royaume-Uni, le service public de santé, NHS, expérimente une nouvelle approche : proposer des examens ciblés à des personnes à risque avant l’apparition de symptômes digestifs visibles.

Concrètement, des médecins généralistes vont analyser les dossiers de patients âgés de plus de 60 ans présentant certains facteurs de risque, comme un diabète récemment diagnostiqué ou une perte de poids inexpliquée. Ces patients seront invités à effectuer rapidement une prise de sang et un scanner du pancréas. Cette démarche vise à dépister précocement le cancer chez ces populations à risque. Une initiative qui pourrait changer la donne, tout en soulevant des questions sur la population concernée et la situation en France.

Pourquoi le dépistage du cancer du pancréas arrive-t-il si tard ?

Il n’existe pas de test simple et fiable pour dépister ce cancer dans la population générale, rappelle le site Vidal. Les symptômes initiaux, comme douleurs abdominales ou dorsales, troubles digestifs, jaunisse ou perte de poids, sont souvent peu spécifiques et apparaissent généralement à un stade avancé.

Selon le manuel médical MSD, ces signes apparaissent souvent tardivement, ce qui complique une détection précoce. Le professeur Peter Johnson, responsable national du NHS en oncologie, souligne que cette tumeur est responsable d’un nombre élevé de décès, car les patients ne perçoivent souvent pas les symptômes jusqu’à un stade avancé. Au Royaume-Uni, elle est la cinquième cause de mortalité par cancer, avec environ 10 000 nouveaux cas chaque année. Plus de la moitié des patients décèdent dans les trois mois suivant le diagnostic. Environ 10 % des cas ont une composante héréditaire.

Les personnes à risque ciblées par le programme britannique

Dans le cadre d’un projet pilote de trois ans, plus de 300 cabinets de médecine générale en Angleterre participent à une opération financée à hauteur de près de 2 millions de livres, soit environ 2,3 millions d’euros. Les logiciels de santé vont repérer les patients de plus de 60 ans présentant un diabète de type 2 récemment diagnostiqué ou une perte de poids soudaine. Même si le poids n’est pas toujours bien documenté, les médecins pourront croiser les données de glycémie et d’antécédents pour déclencher une alerte.

Les patients ainsi identifiés seront invités à effectuer une prise de sang rapide et un scanner ciblé sur le pancréas, pour détecter d’éventuelles tumeurs. Selon les chiffres rapportés par The Independent, près de la moitié des personnes atteintes de cancer du pancréas avaient récemment été diagnostiquées avec un diabète. La relation s’explique en partie par le fait que la tumeur peut perturber la production d’insuline, entraînant un diabète récent après 60 ans. La majorité des diabètes sont liés à d’autres causes, mais la combinaison de l’âge, d’un diabète récent et d’une perte de poids justifie un bilan spécifique.

Risque héréditaire, outils numériques et situation en France

Le risque génétique constitue un autre facteur important. Selon le manuel MSD, environ 10 % des cancers du pancréas sont liés à une histoire familiale ou à des mutations génétiques telles que BRCA1/2, le syndrome de Peutz-Jeghers, le syndrome de Lynch ou des pancréatites héréditaires. Dans ces cas, certains centres proposent un suivi régulier par IRM ou écho-endoscopie. Au Royaume-Uni, l’association caritative Pancreatic Cancer UK a créé, avec NHS England, un outil en ligne appelé « Family History Checker ». Il aide les familles à évaluer leurs antécédents et à orienter vers une consultation spécialisée pour un contrôle régulier.

En France, il n’existe pas de programme organisé de dépistage du cancer du pancréas pour la population générale, contrairement au dépistage du sein ou du côlon. Seuls certains groupes spécifiques, comme les familles avec plusieurs cas de cancer du pancréas ou les porteurs de mutations génétiques, bénéficient d’un suivi dans des centres spécialisés. Pour une personne de plus de 60 ans, un diabète récent associé à une perte de poids inexpliquée, des douleurs abdominales persistantes ou des antécédents familiaux doivent amener à en parler à son médecin. Cela ne signifie pas forcément qu’il s’agit d’un cancer, mais cela permet de mettre en place un bilan adapté si nécessaire.

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