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Cancer colorectal chez les jeunes : une hausse alarmante à ne pas ignorer

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Cancer colorectal chez les jeunes : une progression inquiétante

Le cancer colorectal chez les jeunes progresse dans le monde entier. Les médecins se demandent souvent pourquoi certaines tumeurs deviennent rapidement agressives, alors que d’autres restent localisées plus longtemps. Une étude récente menée par l’Université d’Édimbourg et le Cancer Research UK Scotland Centre apporte des réponses importantes. Publiée le 4 juin 2025 dans la revue Nature, cette recherche explique comment les cellules tumorales du côlon peuvent se « reprogrammer » pour ressembler à des cellules de la peau ou du muscle. Ce changement d’identité facilite leur invasion dans l’organisme.

Une plasticité cellulaire observée dans le cancer

Ce phénomène, appelé plasticité cellulaire, avait déjà été identifié dans d’autres types de cancers. Cependant, il n’avait pas été aussi précisément décrit dans le côlon. Selon l’American Cancer Society, l’incidence du cancer colorectal avant 50 ans augmente dans 27 pays sur 50. Les analyses mondiales indiquent que chez les moins de 50 ans, ce cancer a presque doublé tous les dix ans en vingt ans. Comprendre pourquoi ces tumeurs évoluent si rapidement chez les jeunes est devenu une priorité.

Une augmentation préoccupante chez les jeunes

Au Royaume-Uni, le cancer colorectal est la deuxième cause de décès par cancer, avec environ 16 800 morts par an, dont 1 700 en Écosse. Chaque année, environ 4 000 nouveaux cas sont recensés en Écosse. Dans de nombreux pays riches, le nombre de cas chez les 20-49 ans augmente, tandis que chez les personnes plus âgées, la tendance est à la baisse. Le diagnostic chez les jeunes est souvent tardif, car les dépistages systématiques ne sont pas réalisés. De plus, des symptômes comme le sang dans les selles ou la fatigue sont souvent minimisés ou ignorés par cette tranche d’âge.

Les cellules tumorales se déguisent pour mieux métastaser

Dans leur étude publiée dans Nature, l’équipe d’Édimbourg montre que certaines cellules du cancer colorectal perdent leur identité normale. Elles adoptent alors des caractéristiques de cellules squameuses, qui composent la peau, ou de cellules musculaires. Des expériences menées sur des souris et des échantillons humains indiquent que ce « déguisement » augmente la résistance des cellules tumorales et facilite leur migration vers d’autres organes, comme le foie, les ganglions lymphatiques ou le diaphragme. Selon Kevin Myant, cette capacité de transformation permet au cancer intestinal agressif de se propager plus facilement.

Le rôle du gène ATRX et les perspectives de traitement

Au centre de cette transformation se trouve le gène ATRX, une protéine qui joue un rôle clé dans la régulation de l’identité cellulaire. Lorsqu’il est absent, notamment dans des modèles animaux, on observe une augmentation des métastases, en particulier au foie, sans que la taille de la tumeur initiale soit nécessairement plus grande. La biologiste Patrizia Cammareri explique que les cellules de la peau peuvent supporter des conditions difficiles, ce qui pourrait aider les cellules cancéreuses à devenir plus résistantes et à voyager dans le corps. À terme, l’objectif est de bloquer cette plasticité pour améliorer l’efficacité des traitements comme la chimiothérapie ou l’immunothérapie. De plus, la signature « squameuse-like » liée à la perte d’ATRX pourrait servir de biomarqueur pour identifier les formes les plus agressives du cancer, notamment chez les jeunes patients. Enfin, pour les jeunes adultes, la présence de symptômes persistants comme un saignement rectal ou un changement durable du transit intestinal doit conduire à une consultation rapide.

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