Votre risque de démence ne dépend pas uniquement de vos gènes ou de votre âge. Selon une étude américaine impliquant plus de 1,2 million d’anciens combattants, la localisation géographique joue un rôle important. Cette recherche a permis de créer une carte du risque de démence par région, illustrant des différences selon les États-Unis. En France, l’Assurance Maladie publie également une carte officielle par département. Ces outils incitent à se demander si le lieu où l’on vit peut augmenter ou réduire le risque.
La réponse est nuancée : certaines régions présentent un risque plus élevé, mais cela ne signifie pas que chaque personne y est forcément en danger. Par exemple, chez les vétérans américains, le taux de nouveaux cas de démence varie de 11,2 pour 1 000 personnes-années dans la région Mid-Atlantic à 14 dans le Sud-Est, soit une augmentation d’environ 25 %. La question demeure : comment savoir si l’on est concerné et comment agir ?
Ce que révèle la carte du risque de démence aux États-Unis et en France
La démence regroupe plusieurs maladies, dont la maladie d’Alzheimer, qui entraînent une dégradation progressive de la mémoire et des capacités intellectuelles, principalement après 65 ans. Une étude publiée dans la revue JAMA Neurology a analysé les dossiers de 1 268 599 vétérans âgés de 65 ans et plus, suivis entre 1999 et 2021 par la Veterans Health Administration. Elle a permis de calculer l’incidence de la démence, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas pour 1 000 personnes-années, dans dix grandes régions américaines.
Les résultats montrent que la région Mid-Atlantic a le taux le plus bas avec 11,2 cas pour 1 000 personnes-années. À l’inverse, le Sud-Est dépasse ce chiffre avec 14, soit un risque ajusté supérieur de 25 %. Le Nord-Ouest et les Rocheuses présentent aussi un sur-risque d’environ 23 %. D’autres zones du Sud et de l’Atlantique Sud restent au-dessus des régions considérées comme moins à risque. Selon Newsweek, ces écarts persistent même après avoir ajusté pour l’âge, la race, les maladies cardiovasculaires et la densité urbaine ou rurale.
Kristine Yaffe, spécialiste en santé des anciens combattants à San Francisco, souligne que cette étude met en lumière la nécessité de mieux comprendre ces différences régionales. Elle insiste sur l’importance de mettre en place des stratégies de prévention et d’intervention adaptées à chaque région.
Cartes régionales : facteurs de risque et particularités
La carte américaine met en évidence une « ceinture » dans le Sud-Est, où se concentrent plusieurs facteurs de risque : maladies cardiovasculaires, faibles niveaux d’éducation, tabagisme, hypertension, AVC, diabète ou obésité. L’incidence correspond au nombre annuel de nouveaux diagnostics pour 1 000 personnes suivies, tandis que la prévalence indique le nombre total de personnes déjà atteintes à un instant donné.
En France, l’Assurance Maladie a publié en 2023 une « Carte de prévalence de la prise en charge pour des démences » basée sur le Système national des données de santé (SNDS) et complétée par des données démographiques de l’Insee. Elle indique, département par département, le nombre de personnes prises en charge pour démence pour 1 000 habitants protégés. Cependant, une zone plus sombre ne signifie pas nécessairement une majorité de malades, mais plutôt une population plus âgée, un meilleur diagnostic ou des structures de soins plus présentes.
Que faire si l’on vit dans une zone à risque ?
Il est important de rappeler qu’une carte régionale donne une tendance moyenne. Vivre dans un secteur « rouge » ou à risque ne signifie pas forcément que l’on développera une démence. La population de vétérans américains étudiée est très spécifique, majoritairement masculine et exposée à des contextes militaires particuliers. La même logique s’applique aux départements français : la couleur ne remplace pas une consultation personnalisée avec un médecin, qui prendra en compte l’âge, les antécédents médicaux, le mode de vie et le niveau d’études.
Malgré tout, l’environnement joue un rôle. Le neurologue Daniel Lesley rappelle que réduire l’exposition à certains polluants est crucial. Il s’agit notamment d’éviter la fumée de tabac, les appareils de chauffage mal entretenus, ou l’eau non filtrée contenant des toxines comme le plomb. Ces facteurs peuvent nuire à la santé globale, y compris aux fonctions cognitives.
Pour diminuer son risque, il est conseillé d’adopter plusieurs bonnes pratiques :
- Pratiquer une activité physique régulière pour soutenir le cœur et le cerveau ;
- Veiller à un sommeil suffisant et de qualité ;
- Maintenir une vie sociale active et pratiquer des activités intellectuelles ;
- Avoir une alimentation peu transformée, riche en aliments complets ;
- Consulter régulièrement un médecin pour surveiller la tension, la glycémie, le cholestérol et le poids.






