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Crèmes solaires : ce que le chiffre ne vous dit pas sur la protection

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À l’approche de l’été, les crèmes solaires ressortent des placards. Le choix du facteur de protection devient un réflexe courant. On voit souvent des chiffres comme FPS 30, 50 ou 50+ sur les emballages. Cependant, leur efficacité réelle dépend surtout de la manière dont on les applique au quotidien, et non uniquement du chiffre indiqué.

La chimiste spécialisée en cosméceutique, Sarah Bélanger, alerte sur ce point. Dans une vidéo publiée sur TikTok, elle explique que la différence entre les conditions de test en laboratoire et nos habitudes d’utilisation peut tout changer. Selon elle, cet écart rend souvent le FPS 30 beaucoup trop optimiste pour de nombreuses peaux.

Pourquoi la chimiste déconseille-t-elle le FPS 30 ?

Pour que la protection soit conforme à ce qui est indiqué sur l’étiquette, les tests doivent utiliser au moins 2 mg de produit par centimètre carré de peau, soit environ 36 grammes — l’équivalent de six cuillères à café pour tout le corps d’un adulte, selon l’Agence française de sécurité sanitaire (AFSSAPS). Sarah Bélanger souligne que si l’on applique moins que cette quantité, la protection réelle baisse considérablement. Elle résume : « Si j’applique FPS 60 mais que j’en mets 50 %, je vais obtenir environ un FPS 30. »

En pratique, la majorité des personnes n’utilisent pas suffisamment de crème solaire pour atteindre le niveau de protection indiqué. En réalité, beaucoup d’adultes qui pensent se protéger avec un FPS 30 se retrouvent souvent avec une protection équivalente à un FPS 15.

Les autorités de santé rappellent que le FPS mesure principalement la protection contre les rayons UVB, responsables des coups de soleil. Cependant, les UVA, qui pénètrent plus profondément dans la peau, favorisent le vieillissement prématuré et participent également au développement de cancers cutanés. Si l’on ne couvre pas bien le visage, les oreilles, le cuir chevelu ou le dessus des pieds, ce double risque augmente rapidement.

Une différence significative dans la protection UV

Sarah Bélanger précise qu’un FPS 30 laisse passer environ 3,3 % des rayons UV, tandis qu’un FPS 50 ou 60 ne laisse passer qu’environ 1,7 %. En d’autres termes, choisir un FPS 30 au lieu d’un FPS 50 signifie que deux fois plus d’UV atteignent la peau. Bien que cette différence puisse sembler minime dans un tube, elle devient importante sur une longue période, comme un été passé à la mer ou au jardin. L’accumulation d’UV reçus n’est pas négligeable.

Selon la spécialiste, il est plus sûr d’opter directement pour un FPS 50 ou 50+ pour les peaux claires, celles ayant des antécédents de taches ou de cancers, ou encore lors des expositions les plus intenses. Cela offre une marge de sécurité supplémentaire.

Comment choisir une bonne crème solaire en France ?

Pour bien choisir sa crème solaire, la DGCCRF recommande de vérifier que le produit offre une protection « large spectre ». Cela se voit grâce au logo UVA entouré d’un cercle. Ce symbole garantit que la dose d’UVA bloquée représente au moins un tiers du FPS, conformément à la recommandation européenne du 22 septembre 2006.

Il est également conseillé d’éviter la mention « écran total », car aucun produit ne peut bloquer 100 % des UV. Pour une protection efficace, il vaut mieux privilégier un FPS 50 ou 50+, appliquer une quantité généreuse, et compléter avec des protections telles que l’ombre, les vêtements ou un chapeau. Se fier uniquement à un FPS 30 n’est pas suffisant pour une protection optimale.

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