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Maladie du soda : peut-on vraiment guérir le foie gras ?

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La stéatose hépatique métabolique, souvent surnommée « maladie du soda » ou « foie gras », regroupe deux formes principales : la stéatose simple, appelée MASLD, et sa forme inflammatoire, la MASH (ex-NASH). Cette maladie silencieuse concerne aujourd’hui environ une personne sur cinq en France et inquiète fortement les hépatologues. Selon Olivier Spatzierer, hépatologue, elle est devenue la première cause de greffe du foie dans le pays. La question qui se pose est donc : peut-on réellement guérir un foie gras ?

La réponse dépend du stade de la maladie. Au début, il est souvent possible de faire revenir le foie à la normale. Une perte de poids et un changement de mode de vie peuvent permettre de retrouver un foie sain en quelques semaines. En revanche, lorsque la maladie progresse vers la fibrose ou la cirrhose, les chances de guérison deviennent plus limitées. L’objectif principal devient alors la stabilisation ou la rémission, en évitant que la maladie ne s’aggrave. Tout dépend du stade au moment du diagnostic et de la capacité à adopter durablement de bonnes habitudes.

Comprendre la maladie : MASLD, MASH, ce qui se passe dans le foie

La MASLD correspond à une accumulation de graisse dans le foie liée à un syndrome métabolique, au diabète de type 2, au surpoids ou à une alimentation riche en sucres et produits ultra-transformés. Contrairement à la stéatose alcoolique, elle n’est pas causée par la consommation d’alcool. Lorsqu’une inflammation et des lésions cellulaires apparaissent, on parle de MASH. Ces lésions répétées peuvent entraîner une fibrose, puis une cirrhose du foie. Selon le professeur Vlad Ratziu, cette fibrose peut évoluer vers une cirrhose, augmentant ainsi le risque de cancer du foie ou de défaillance hépatique.

La maladie ne concerne pas uniquement les adultes. En France, un enfant sur dix présente une stéatose métabolique. Chez les enfants obèses, cette proportion atteint 30 à 40 %, principalement à cause de la consommation excessive de sodas et de junk food. Lorsqu’il y a aussi une consommation d’alcool, on parle de MetALD, une forme mixte pour laquelle l’arrêt ou la réduction importante de la boisson est indispensable pour améliorer la santé du foie.

Peut-on guérir une NASH / MASH ? La réponse selon le stade

Pour la stéatose simple (MASLD), la bonne nouvelle est qu’elle est totalement réversible. Une alimentation saine et une activité physique régulière suffisent souvent à normaliser les enzymes hépatiques et à faire disparaître l’aspect anormal du foie à l’échographie, parfois en quelques semaines. Dans le cas d’une MASH sans fibrose avancée, une perte de 7 à 10 % du poids corporel peut permettre une rémission, à condition d’être accompagnée d’un suivi nutritionnel adapté. Olivier Spatzierer insiste sur l’importance d’agir rapidement, car le foie commence à fonctionner moins bien dès cette étape.

Lorsque la fibrose est modérée, c’est-à-dire F1 ou F2, une perte d’au moins 10 % du poids peut aider à faire régresser une partie des cicatrices. L’objectif est alors d’améliorer la santé du foie et de réduire le risque de cirrhose ou de cancer. En cas de fibrose sévère ou de cirrhose, les lésions sont considérées comme irréversibles. La priorité devient alors de freiner la progression, de prévenir les complications et, dans certains cas, de recourir à une greffe. Il est important de noter que la MASH ne représente qu’environ 10 % des cirrhoses, contre près de 50 % liées à l’alcool. Cela renforce la recommandation de limiter, voire d’éviter totalement, la consommation d’alcool en cas de stéatose.

Examens, mode de vie et traitements innovants : comment améliorer ses chances

Le premier enjeu consiste à déterminer l’état du foie. Le médecin peut s’alarmer devant un tour de taille élevé, un IMC ou une tension artérielle trop élevée, même chez une personne qui paraît mince mais qui a une graisse abdominale importante. Le bilan commence par une prise de sang (enzymes hépatiques, bilan métabolique), suivie d’une échographie pour détecter un « foie brillant ». Des examens plus précis comme le Fibroscan, l’IRM ou le scanner évaluent la raideur du foie et sa quantité de graisse. La biopsie hépatique, réalisée sous anesthésie locale, reste l’examen de référence pour distinguer stéatose simple et MASH, ainsi que pour évaluer le degré de fibrose, mais elle n’est pratiquée qu’en cas de doute.

Pour réduire la graisse et améliorer la santé du foie, il est conseillé d’adopter un régime méditerranéen, riche en légumes, fruits (sans dépasser deux par jour), céréales complètes, légumineuses, poissons gras et huiles vierges. La réduction drastique des sucres ajoutés et des sodas est également essentielle. Selon le nutritionniste Jean-Michel Cohen, certains produits dits « healthy », comme le miel ou les sirops, restent des sucres. L’OMS recommande aussi au moins 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, comme la marche rapide, le vélo ou la natation, pour améliorer la santé du foie, même sans perte de poids importante.

Concernant les médicaments, aucun traitement spécifique n’est encore autorisé en Europe pour la MASH. Cependant, certains médicaments comme le sémaglutide ou la dapagliflozine, qui agissent sur le diabète et le poids, peuvent indirectement améliorer la stéatose. Aux États-Unis, le resmetirom a été approuvé pour certaines formes, et d’autres molécules comme le lanifibranor sont en cours d’évaluation. Ces traitements sont généralement prescrits dans des centres spécialisés, en complément des changements de mode de vie, qui restent la première priorité.

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