Environ 1,2 million de Français vivent aujourd’hui avec la maladie d’Alzheimer, selon l’Inserm. Si le diagnostic est généralement posé après 65 ans, de nouvelles recherches suggèrent que certains signes pourraient apparaître bien plus tôt, dès la quarantaine.
Une étude publiée le 8 mai 2026 dans la revue Springer Nature Link s’est concentrée sur la détection précoce de la maladie à l’aide de biomarqueurs sanguins. Menée par des chercheurs de l’Université d’Otago, cette étude s’appuie sur les données de l’étude Dunedin, qui suit une cohorte de participants depuis plus de 50 ans.
Les résultats montrent qu’une protéine appelée pTau181 est liée à des troubles de la mémoire et à des difficultés de réflexion rapportées par les participants eux-mêmes. Ces derniers n’avaient que 45 ans lors de l’évaluation. Selon les auteurs, ces biomarqueurs sanguins pourraient offrir un indice précoce sur le développement de la maladie d’Alzheimer tout au long de la vie.
Des troubles de mémoire parfois subtils
Les chercheurs rappellent que la maladie d’Alzheimer possède une longue phase préclinique pouvant débuter plusieurs décennies avant l’apparition des symptômes. Des oublis répétés ou une impression subjective de déclin de la mémoire pourraient alors être des signaux d’alerte. Pour eux, le milieu de vie est une période clé pour préserver la santé du cerveau.
Cependant, ils précisent qu’aucun lien n’a été trouvé entre le biomarqueur pTau181 et les résultats d’IRM ou de tests cognitifs réalisés à 45 ans. Deux hypothèses sont envisagées : soit cette protéine augmente très tôt, avant que des signes visibles apparaissent à l’imagerie, soit sa pertinence n’émerge qu’à un âge plus avancé.
L’importance d’une prévention précoce
Malgré des connaissances encore limitées, les chercheurs soulignent que détecter les premiers signes pourrait permettre d’intervenir plus tôt. Les traitements actuels ne guérissent pas la maladie, mais peuvent ralentir sa progression s’ils sont administrés précocement.
Ils insistent aussi sur l’importance des facteurs de prévention, comme l’activité physique, le maintien des interactions sociales ou la gestion de certains facteurs de risque, tels que l’hypertension ou la perte auditive.
Les auteurs concluent en affirmant que leurs résultats renforcent l’idée que les premiers signes de démence peuvent apparaître bien avant le diagnostic. Ils poursuivront le suivi des participants dans les années à venir.






