Alerte sur un médicament suite à 20 décès
Un médicament utilisé en France pourrait être à l’origine de graves problèmes de santé, notamment des atteintes hépatiques. Selon le fabricant, vingt personnes seraient mortes après l’avoir pris. Malgré ces risques, le médicament reste disponible en pharmacie en France.
Une demande d’arrêt de la prescription
Le laboratoire japonais Kissei Pharmaceutical, qui produit ce traitement, a envoyé un courrier le 15 mai aux médecins. Il leur recommande « de s’abstenir de prescrire ce médicament à de nouveaux patients » et d’informer ceux qui le prennent déjà des risques liés à des dysfonctionnements du foie. Le laboratoire prévient également qu’« les atteintes graves apparaissent surtout dans les trois premiers mois » de traitement.
Une surveillance renforcée par les autorités
Ce traitement est sous surveillance « renforcée » depuis le début de l’année 2026 par l’Union européenne et les États-Unis. En janvier, l’Agence européenne des médicaments (EMA) a lancé un examen en raison de préoccupations concernant la fiabilité des données issues d’un essai clinique international de phase III, qui avait permis l’autorisation de ce médicament.
De leur côté, les autorités américaines ont rapporté en mars des cas graves d’atteinte hépatique chez des patients traités. En avril, le Centre d’évaluation et de recherche des médicaments (CDER) de la FDA a annoncé son intention de retirer l’autorisation de mise sur le marché aux États-Unis. Des éléments récents indiqueraient que l’efficacité du médicament n’a pas été démontrée de manière claire, et que le dossier de demande comporte d’importantes inexactitudes. Le médicament pourrait donc être à la fois inefficace et dangereux.
De quel médicament s’agit-il ?
Il s’agit du Tavneos, dont le principe actif s’appelle l’avacopan. Ce médicament bloque une protéine du système immunitaire appelée « récepteur C5a », qui joue un rôle dans l’inflammation. Il est utilisé pour traiter une maladie rare, la vascularite associée aux ANCA, une maladie auto-immune où le système immunitaire attaque les petits vaisseaux sanguins, notamment au niveau des reins, des poumons ou des sinus.
Le Tavneos est généralement prescrit avec d’autres traitements immunosuppresseurs, comme le rituximab ou le cyclophosphamide. Son objectif est de réduire l’usage de corticoïdes, qui ont souvent de nombreux effets secondaires. En France, il est autorisé depuis le 11 janvier 2022 et ne peut être obtenu que sur ordonnance.
Quelle est la situation en France ?
Pour le moment, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) n’a pas publié de recommandations particulières concernant le Tavneos. En France, ce médicament est indiqué pour traiter deux formes graves de vascularites chez l’adulte : la granulomatose avec polyangéite et la polyangéite microscopique. La prévalence de ces maladies est d’environ 100 cas par million d’habitants, ce qui représente environ 6 000 à 7 000 patients potentiellement concernés.






