Nez bouché, gorge qui gratte, yeux en feu… Lorsqu’un rhume des foins survient au moment du coucher, même une brise légère provenant de la fenêtre peut gâcher la nuit. Beaucoup de personnes allergiques décrivent un sommeil perturbé, avec plusieurs réveils et une sensation de fatigue persistante. En journée, les symptômes peuvent sembler supportables, mais au moment de se coucher, tout devient plus difficile.
Les médecins rappellent que la rhinite allergique touche entre 10 % et 30 % des adultes. Environ 30 % des Français présentent aujourd’hui au moins une allergie. Avec l’allongement et l’intensification des saisons de pollens, ces allergènes s’accumulent sur les cheveux, les vêtements et la literie, transformant parfois la chambre en un véritable piège à allergènes.
Pourquoi les nuits sont-elles les plus difficiles ?
Lorsqu’il est exposé au pollen, le corps active son système histaminique, qui libère des substances chimiques provoquant une réaction inflammatoire, explique Hannah Shore, spécialiste du sommeil. Ce mécanisme, qui utilise notamment l’histamine, est aussi celui qui maintient l’éveil. Lorsqu’il fonctionne à plein régime, il est plus difficile pour le cerveau de passer en mode sommeil. Résultat : l’endormissement est plus difficile et les réveils fréquents.
De plus, rester allongé favorise l’accumulation de mucus dans les sinus. La position horizontale peut aggraver la congestion et l’inconfort. Selon le Dr Deborah Lee, surélever légèrement la tête avec un oreiller supplémentaire limite cette stagnation et aide à réduire la sensation de nez bouché au réveil.
Les gestes du soir pour limiter la présence de pollen dans la chambre
Le premier réflexe consiste à éliminer le pollen avant d’aller dormir. Durant la journée, le pollen se dépose sur la peau, les cheveux, voire les sourcils. Si l’on se couche sans se défaire de ces allergènes, ils se déposent sur l’oreiller. La douche du soir, avec shampooing, puis le changement de vêtements en dehors de la chambre, complètent cette démarche. Un lavage de nez à l’eau de mer peut aussi être bénéfique.
Côté air intérieur, il est conseillé de ventiler sans faire entrer trop de pollen. Ouvrir les fenêtres en plein jour peut faire entrer des pollens, ce qui peut provoquer des irritations et des yeux larmoyants. Il est mieux d’aérer brièvement tôt le matin ou tard le soir. Faire sécher le linge en intérieur, porter un masque lors des promenades en période de pics polliniques, et se laver les cheveux en rentrant sont aussi recommandés.
Une chambre à l’épreuve des allergies : lit, literie et nettoyage
Dans le lit, les textiles sont les principaux responsables des allergènes. Il est conseillé d’utiliser une literie anti-allergène, comme des housses de matelas et d’oreillers, des oreillers synthétiques ou en soie plutôt qu’en coton. Laver régulièrement draps et taies à 60 °C, puis faire sécher à l’intérieur, permet de réduire la présence d’acariens et de pollen. Aspirer le matelas et éviter de garder des peluches ou des animaux de compagnie dans la chambre renforcent cette barrière. L’utilisation d’un purificateur d’air peut aussi aider à améliorer la qualité de l’air intérieur.






