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Changement d’heure : comment il sabote votre sommeil et votre énergie

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Le changement d’heure peut avoir des effets insidieux sur notre corps, souvent en silence. Après le passage à l’heure d’été ou d’hiver, il n’est pas rare de se sentir épuisé pendant plusieurs jours sans en comprendre la raison. Ce décalage d’une heure, aussi léger soit-il sur la montre, peut provoquer un véritable choc pour notre organisme déjà souvent en manque de repos.

Les spécialistes du sommeil et de la chronobiologie insistent : notre horloge interne n’apprécie pas ces modifications brusques. Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, ces ajustements provoquent une désynchronisation entre l’horloge légale et notre rythme biologique. Résultat : troubles du sommeil, baisse de concentration, irritabilité, surtout chez les enfants, les personnes âgées ou les travailleurs de nuit. En réalité, notre corps reste souvent bloqué sur l’heure précédente.

Ce que subit réellement notre horloge biologique

Au centre de ce phénomène se trouve le rythme circadien, un cycle d’environ 24 heures contrôlé par un petit groupe de neurones dans l’hypothalamus, le noyau suprachiasmatique. La lumière, captée par nos yeux, ajuste cette horloge interne. Elle régule la libération de la mélatonine la nuit, le cortisol au réveil, et la sérotonine, qui influence notre humeur et notre vigilance durant la journée.

Lorsque l’heure officielle change, cette horloge interne ne s’adapte pas immédiatement. Elle ne décale naturellement que d’une dizaine de minutes par jour. Ainsi, avancer brutalement l’heure pour l’heure d’été crée un mini jet-lag. La plupart des gens mettent plusieurs jours, voire plusieurs semaines, à s’adapter, en particulier les personnes ayant un rythme de vie nocturne, qui ressentent plus fortement ces modifications.

Les effets cachés du changement d’heure

Ce décalage ne se limite pas à une simple sensation de fatigue. Selon la Sleep Foundation, le lundi suivant le passage à l’heure d’été, nous dormons en moyenne 40 minutes de moins. Cela entraîne une dette de sommeil qui se traduit par une somnolence persistante et un sentiment de ne jamais être totalement réveillé.

  • Irritabilité et impatience, souvent au travail ou en famille ;
  • Troubles de la mémoire, difficulté à se concentrer ;
  • Faim décalée, envies de sucre en fin de journée ;
  • Erreurs d’inattention, notamment au volant ou devant un écran.

Sur le plan hormonal, le passage à l’heure d’hiver perturbe aussi la production de testostérone et augmente la libération de cortisol. Cela peut prolonger la sensation de fatigue, favoriser une perte de muscle, et entraîner une augmentation de la graisse corporelle, comme le rappelle Nutri et Co. La diminution de la luminosité réduit aussi la stimulation de la sérotonine, ce qui peut causer une déprime hivernale, des troubles de l’appétit et une prise de poids chez certains profils sensibles. Des études indiquent également une augmentation d’environ 8 % des accidents de la route juste après le changement d’heure, ainsi qu’un risque accru d’infarctus durant les jours suivants.

Comment limiter l’impact du changement d’heure ?

Les spécialistes recommandent de préparer son organisme à ce changement plutôt que de le subir. Une semaine avant, il est conseillé d’avancer ou de retarder son heure de coucher et de réveil de 10 à 15 minutes chaque jour. Cela facilite la réadaptation du rythme circadien.

Il est également utile de maintenir des horaires de repas réguliers, de sortir à la lumière naturelle dès le matin, et de pratiquer une activité physique modérée en journée. Le soir, adopter une routine apaisante sans écrans lumineux, éviter la caféine après 16 heures ou l’alcool, favorise la sécrétion de mélatonine.

Une alimentation légère, un apport suffisant en magnésium, en vitamine D lorsque la luminosité est faible, et éventuellement certains extraits de plantes adaptogènes comme la rhodiola, peuvent également aider. Des compléments à base de mélatonine existent, mais leur utilisation doit être encadrée par un professionnel, surtout si la fatigue ou les troubles du sommeil persistent plusieurs semaines.

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