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Pratiquer ces activités pourrait repousser Alzheimer de plusieurs années

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Une grande étude menée par des chercheurs américains indique que pratiquer certaines activités intellectuelles tout au long de la vie pourrait permettre de retarder l’apparition de la maladie d’Alzheimer de plusieurs années.

Une étude sur près de 2 000 adultes

En France, en 2025, environ 1,4 million de personnes vivaient avec Alzheimer ou une maladie apparentée. Ce chiffre pourrait dépasser 2,2 millions en 2050, selon l’association France Alzheimer. Face à cette progression, la recherche s’efforce d’identifier des pistes de prévention.

C’est dans ce contexte qu’une étude longitudinale, menée par la Rush University Medical Center de Chicago, a été publiée en février 2026 dans la revue Neurology. Elle s’appuie sur le suivi de 1 939 adultes, âgés d’environ 80 ans, durant près de huit ans.

Les chercheurs ont analysé leurs activités intellectuelles à différentes périodes de leur vie, en utilisant des questionnaires rétrospectifs. Ils ont également réalisé des évaluations cognitives annuelles et examiné plus de 1 000 cerveaux après décès pour comparer leurs performances cognitives avec les lésions cérébrales liées à Alzheimer.

Les activités qui comptent

Les chercheurs ont évalué l’engagement intellectuel des participants avant 18 ans, vers 40 ans, puis à partir de 80 ans. Pendant l’enfance, ils ont pris en compte l’exposition aux livres, journaux, atlas, ainsi que l’apprentissage d’une langue étrangère.

À l’approche de la quarantaine, l’étude a considéré la pratique régulière de la lecture et de l’écriture, la possession de ressources culturelles comme des magazines ou dictionnaires, ou encore la fréquentation de musées et bibliothèques. Chez les participants les plus âgés, la lecture, l’écriture et les jeux de réflexion comme les mots croisés ou les échecs ont également été analysés.

Les résultats, une réduction du risque

Parmi les 551 personnes ayant développé Alzheimer durant la période de l’étude, celles qui avaient un score élevé d’«enrichissement cognitif» ont reçu leur diagnostic en moyenne à 94 ans. Ceux avec un score plus faible ont été diagnostiqués à 88 ans, soit cinq ans plus tôt. Pour les troubles cognitifs légers, précurseurs possibles de la maladie, l’écart atteint sept ans.

Globalement, un niveau élevé d’activités intellectuelles tout au long de la vie est associé à une réduction de 38 % du risque de développer Alzheimer. La neuropsychologue Andrea Zammit, principale auteure de l’étude, confirme que s’engager dans des activités intellectuelles régulières peut faire une différence pour la santé cérébrale.

Une meilleure capacité de résistance du cerveau

Une autre conclusion intéressante concerne les analyses après décès. Les chercheurs ont constaté que les personnes ayant mené une vie intellectuellement riche n’avaient pas nécessairement moins de lésions cérébrales liées à Alzheimer, comme les plaques amyloïdes ou les enchevêtrements de protéines tau. Pourtant, elles présentaient de meilleurs scores cognitifs malgré ces lésions.

Ce phénomène illustre ce que l’on appelle la « réserve cognitive » : un cerveau plus stimulé serait mieux armé pour compenser les dégâts causés par la maladie, retardant ainsi l’apparition des symptômes.

Des résultats à considérer avec prudence

Les chercheurs de Chicago restent toutefois prudents. Leur étude montre une association entre activités intellectuelles et retard de la maladie, mais ne prouve pas un lien de cause à effet direct. D’autres facteurs, comme le niveau d’éducation ou l’environnement socio-économique, peuvent également influencer ces résultats.

Selon Andrea Zammit, favoriser l’accès à des environnements enrichissants comme les bibliothèques ou les programmes d’éducation pourrait contribuer à réduire la prévalence de la démence. En somme, lire, apprendre et rester curieux sont des comportements simples qui, adoptés sur une vie entière, pourraient faire une réelle différence face à la maladie d’Alzheimer.

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