Traditionnellement, l’infarctus du myocarde concerne principalement les hommes de plus de 50 ans. Chez les femmes jeunes, il est souvent considéré comme rare et peu préoccupant. Cependant, une étude américaine récente remet en question cette idée en montrant une hausse des décès après un premier infarctus chez les jeunes adultes, en particulier chez les femmes.
En France, la Fondation Agir pour le cœur des femmes constate la même tendance : depuis 2008, le nombre d’infarctus chez les femmes âgées de 45 à 54 ans augmente d’environ 5 % par an. Aujourd’hui, un quart des infarctus féminins surviennent avant l’âge de 65 ans. Face à cette réalité, il est essentiel de comprendre pourquoi ces jeunes femmes meurent encore trop souvent dès leur première crise cardiaque.
Une mortalité plus élevée chez les femmes de moins de 55 ans
Les chercheurs américains ont analysé près de 946 000 premières hospitalisations pour infarctus chez des adultes âgés de 18 à 54 ans, entre 2011 et 2022. Ils ont distingué deux types d’infarctus : le STEMI, la forme la plus grave et la plus mortelle liée à un blocage complet d’une artère coronaire, et le NSTEMI, une forme à obstruction partielle, considérée comme moins sévère mais non bénigne.
Au fil des années, la mortalité à l’hôpital après un STEMI a augmenté d’environ 1,2 point en pourcentage. Les femmes de moins de 55 ans ont un taux de mortalité plus élevé que celui des hommes : 3,1 % contre 2,6 % après un STEMI, et 1 % contre moins de 1 % après un NSTEMI.
Selon le professeur Mohan Satish, de l’École de médecine de Cornell, ces chiffres sont souvent sous-estimés. « Les décès liés à l’infarctus semblaient avoir diminué ou été stables jusqu’en 2010, mais ces données concernent surtout les adultes plus âgés et les hommes. Nos résultats montrent que les jeunes adultes, en particulier les femmes, sont réellement à risque. »
Les raisons de la surmortalité chez les jeunes femmes
Les scientifiques ont découvert que, bien que les complications chez les femmes hospitalisées pour un premier infarctus soient similaires à celles des hommes, elles reçoivent moins souvent une coronarographie ou une angioplastie. De plus, certains facteurs de risque non traditionnels sont plus fréquents chez ces jeunes femmes, comme un faible revenu, une maladie rénale ou l’usage de drogues en dehors du tabac. Ces éléments ont été fortement associés à un risque accru de décès pendant l’hospitalisation.
Les médecins insistent sur le fait qu’un infarctus chez une jeune femme peut survenir même sans antécédents apparents. Des symptômes comme un essoufflement soudain, une douleur inhabituelle dans la poitrine ou le dos, des nausées ou une fatigue extrême doivent conduire à appeler rapidement le 15. Une détection précoce du risque, prenant en compte aussi la précarité sociale et d’autres facteurs non classiques, pourrait améliorer la survie de ces jeunes femmes.
Source : Sex Differences in Outcomes of Young Adults Hospitalized With First Myocardial Infarction From 2011 to 2022, Journal of the American Heart Association, février 2026






