Vague de froid : un risque accru d’hospitalisation pour les maladies cardiaques
Les médecins mettent en garde face à la vague de froid actuelle. En hiver, notre corps doit fournir plus d’efforts pour maintenir sa température à 37°C. Cela entraîne une augmentation du rythme cardiaque, une consommation d’oxygène accrue et une contraction des vaisseaux sanguins. Ces réactions peuvent augmenter le risque de problèmes cardiovasculaires.
Une étude menée par des chercheurs de l’Université de Nancy, publiée dans le Journal of American College of Cardiology, souligne que l’exposition au froid constitue un facteur de risque majeur pour l’hospitalisation en cas d’insuffisance cardiaque.
Une augmentation des hospitalisations en hiver
Les chercheurs ont analysé les dossiers de 4 512 patients admis pour dyspnée aiguë et diagnostiqués avec une insuffisance cardiaque aux urgences du CHU de Nancy, entre janvier 2010 et octobre 2022. Ils ont constaté un pic d’hospitalisations durant l’hiver, avec au moins 90 admissions par semaine entre décembre et mars. En été, cette moyenne descendait à 74 par semaine.
Les résultats indiquent également qu’une température moyenne de 0°C augmente de 12 à 21 % le risque d’insuffisance cardiaque par rapport à une température de référence de 10°C. De plus, une période d’une semaine après une chute de température est particulièrement critique, avec une hausse des décompensations de maladies cardiovasculaires.
Qui sont les personnes les plus vulnérables en hiver ?
La Fédération française de cardiologie rappelle chaque hiver que le froid sollicite fortement le cœur, même lors d’une simple marche. Certaines personnes doivent faire particulièrement attention :
- Les personnes souffrant de troubles cardiovasculaires (hypertension, insuffisance cardiaque, angine, antécédents d’infarctus, interventions chirurgicales du cœur ou AVC). Elles sont plus exposées aux risques lors des périodes de grand froid.
- Les seniors de plus de 70 ans, même sans pathologie cardiaque. Avec l’âge, leur organisme s’adapte moins bien aux variations de température et leur couche de graisse sous-cutanée étant souvent plus fine, ils risquent davantage l’hypothermie.
- Les fumeurs, quel que soit leur âge. La combinaison du froid, du stress et du tabac augmente fortement le risque d’infarctus.
Comment se protéger du froid pour préserver son cœur ?
Pour éviter les engelures, il est conseillé de couvrir les extrémités, notamment les mains et les pieds. La tête doit également être protégée, car 30 % de la chaleur corporelle s’échappe par le crâne. Cela est d’autant plus important pour les personnes chauves, qui ont 32 % de risques supplémentaires de développer une maladie coronarienne, selon des chercheurs japonais.
À l’extérieur, il faut porter plusieurs couches de vêtements, ce qu’on appelle la « stratégie de l’oignon ». Cela permet de retenir la chaleur entre les couches. Il faut aussi éviter les efforts physiques intenses, comme déneiger, avant de s’être acclimaté au froid.
Enfin, il est essentiel de rester vigilant face aux symptômes. Une douleur ou une oppression dans la poitrine à l’effort, mais aussi des palpitations, un essoufflement ou des vertiges, doivent conduire à consulter un médecin rapidement.
Source : The Impact of Meteorological Variables on Heart Failure Hospitalizations, Journal of American College of Cardiology, décembre 2025.






