Les changements dans l’apparence de vos urines ou de vos selles, observés dans les toilettes, peuvent révéler des problèmes liés au foie. Ce n’est pas une habitude que l’on a souvent, mais ces détails peuvent être essentiels pour détecter un cancer du foie ou des voies biliaires.
Au Royaume-Uni, les médecins constatent une augmentation des cas de cholangiocarcinome, un cancer rare qui touche les voies biliaires. Selon le professeur Jean-Frédéric Blanc, chef du service d’oncologie digestive au CHU de Bordeaux, cette maladie concerne environ 1 à 2 personnes pour 100 000 habitants. Ce cancer attaque les canaux qui relient le foie, la vésicule biliaire et l’intestin.
Selon l’organisation Liver Cancer UK, « les premiers signes de cette maladie apparaissent souvent dans les toilettes ». Deux changements précis concernant l’aspect des urines et des selles peuvent alerter, mais ils restent subtils et faciles à manquer si on ne connaît pas leur signification.
Les deux signes à repérer dans les toilettes
Les spécialistes décrivent deux principaux indicateurs :
- Des urines foncées, de couleur thé ou cola, qui persistent malgré une bonne hydratation.
- Des selles pâles, ressemblant à du mastic, ou presque blanches.
Ces symptômes traduisent souvent un blocage des voies biliaires. La bile, qui ne s’écoule plus correctement vers l’intestin, s’accumule dans le sang. Cela provoque une coloration foncée des urines et une décoloration des selles, qui deviennent grisâtres ou très pâles.
Le professeur Jean-Frédéric Blanc rappelle également que d’autres signes peuvent accompagner ces changements de couleur, comme une fatigue importante, des douleurs abdominales, de la fièvre ou une jaunisse visible au niveau des yeux ou de la peau.
Le cholangiocarcinome : un cancer rare mais souvent silencieux
Ce cancer du foie se manifeste sous plusieurs formes. Lorsqu’une tumeur se développe sur les grandes voies biliaires, notamment la voie biliaire principale, on parle de cholangiocarcinome extra-hépatique. Une autre forme, dite périhilaire, affecte la jonction des canaux à la sortie du foie, souvent liée à une maladie auto-immune appelée cholangite sclérosante primitive.
Le cholangiocarcinome intra-hépatique, quant à lui, touche les petits canaux à l’intérieur du foie. Il est généralement associé à d’autres maladies du foie, comme la cirrhose, les hépatites virales, ou encore l’obésité. En France, cette maladie représente environ 2 000 cas par an, soit 10 à 15 % des cancers hépato-biliaires et près de 3 % des tumeurs digestives.
Un diagnostic souvent tardif et des traitements difficiles
Selon le professeur Blanc, les signes du cancer du foie intra-hépatique apparaissent tardivement, et ils sont peu spécifiques : douleurs, fièvre ou perte de poids. Chez les patients atteints de cirrhose déjà suivis, le diagnostic peut être posé plus tôt, ce qui augmente leurs chances de guérison.
Malheureusement, dans 50 à 60 % des cas, le cancer est détecté trop tard pour envisager un traitement efficace. Lorsqu’une tumeur est opérable, la chirurgie n’est possible que dans environ 20 % des cas, souvent de manière complexe, notamment si la tumeur est située à la sortie du foie. La chirurgie s’accompagne généralement d’une chimiothérapie.
Les avancées en immunothérapie, en plein développement, offrent toutefois de nouvelles perspectives pour traiter ces tumeurs dans les années à venir.






