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Troubles du sommeil après 50 ans : un signe d’Alzheimer en préparation

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Démence et Alzheimer : un trouble du sommeil lié à un risque accru après 50 ans

Pour beaucoup de personnes de plus de 50 ans, les difficultés d’endormissement, les réveils nocturnes ou le ronflement semblent être des problèmes mineurs. Pourtant, des chercheurs ont identifié un lien entre un retard dans l’accès au sommeil paradoxal, la phase où l’on rêve le plus, et la présence de protéines associées à la maladie d’Alzheimer dans le cerveau. Ce retard est souvent causé par des troubles courants du sommeil.

Un retard dans le sommeil paradoxal, un signe précoce d’Alzheimer ?

Une étude récente a montré que des personnes âgées mettant plus de trois heures pour atteindre le sommeil paradoxal présentaient davantage d’amyloïde et de tau, deux protéines liées à la démence. En comparaison, celles dont cette phase survenait environ 1 heure 30 après l’endormissement montraient moins de ces protéines. Les chercheurs considèrent ce retard comme un possible signe précoce de la maladie d’Alzheimer. La question qui demeure : que se passe-t-il lorsque des troubles du sommeil perturbent cette étape clé ?

Les effets du retard du sommeil paradoxal sur le cerveau

Les chercheurs ont analysé le sommeil de 128 personnes âgées de plus de 70 ans, dont 64 souffraient d’Alzheimer, 41 avaient des troubles cognitifs légers, et 23 ne présentaient aucun problème. Ceux qui entraient en sommeil paradoxal après 98 minutes avaient en moyenne moins de protéines nocives que ceux qui y parvenaient après plus de 193 minutes. Ce dernier groupe montrait jusqu’à 16 % d’amyloïde et 29 % de tau en plus, ainsi qu’une baisse du BDNF, une protéine qui protège les neurones.

Selon Yue Leng, chercheuse, « le retard du sommeil paradoxal perturbe la capacité du cerveau à consolider les souvenirs, ce qui peut affecter l’apprentissage et la mémoire ». Elle ajoute : « S’il est retardé ou insuffisant, cela peut augmenter le cortisol, une hormone du stress, et endommager l’hippocampe, une structure essentielle pour la mémoire ». Cependant, cette étude étant observationnelle, elle montre simplement une association, sans prouver que le retard du sommeil paradoxal cause directement la maladie.

Moins de sommeil paradoxal, un risque accru de démence

Une autre étude menée sur 321 adultes sur une période de douze ans a confirmé ce lien. Les participants devenus déments passaient en moyenne 17 % de leur sommeil en phase paradoxale, contre 20 % chez ceux qui restaient cognitivement sains. Chaque baisse de 1 % de sommeil REM était associée à une augmentation d’environ 9 % du risque de démence, dont 8 % pour Alzheimer.

Les causes fréquentes du retard du sommeil paradoxal

Ce retard est souvent lié à des troubles courants tels que l’insomnie, l’apnée du sommeil, la consommation excessive d’alcool ou certains médicaments. Dantao Peng souligne l’importance de traiter ces problèmes : « Il est essentiel de traiter l’apnée du sommeil et d’éviter l’alcool en soirée, car ces facteurs peuvent perturber le cycle de sommeil ». Il conseille aussi aux personnes prenant certains antidépresseurs ou sédatifs, qui peuvent réduire le sommeil paradoxal, d’en parler à leur médecin si elles s’inquiètent pour leur mémoire. Yue Leng ajoute : « Les recherches futures devraient étudier comment certains médicaments influencent les schémas de sommeil et leur impact sur la progression de la maladie ».

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