Le TDAH et ses causes encore mystérieuses
Le trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) touche environ 5 % des enfants et 2,5 % des adultes. Il se manifeste par des difficultés à se concentrer, une impulsivité importante ou une agitation difficile à contrôler. Pendant longtemps, ses origines ont été attribuées à plusieurs causes, mais le mystère demeure encore partiellement intact pour la communauté scientifique.
Une nouvelle piste grâce à des recherches françaises
Une équipe de chercheurs français, affiliée à l’Inserm et à l’Institut du Cerveau, a récemment apporté un éclairage inédit. Leurs travaux, publiés dans le Journal of Neuroscience, suggèrent que certains symptômes du TDAH pourraient être liés à un phénomène appelé « sommeil local ».
Ce phénomène consiste en l’intrusion d’ondes lentes, normalement présentes lors du sommeil, durant la période d’éveil. Il pourrait expliquer les difficultés d’attention et la somnolence fréquemment observées chez les personnes atteintes de TDAH.
Le cerveau “s’endort” brièvement en pleine journée
Concrètement, certaines zones du cerveau peuvent se mettre à fonctionner comme si elles étaient en sommeil, alors que le reste du corps reste actif. Ces épisodes, très courts et parfois imperceptibles, suffisent à perturber la concentration et l’attention.
Un des chercheurs explique que ces épisodes de « micro-sommeil » pourraient interférer avec les fonctions cognitives lors de l’éveil. Pour le prouver, ils ont comparé l’activité cérébrale de 32 adultes atteints de TDAH, sous traitement médicamenteux, à celle de 31 adultes neurotypiques, lors d’une tâche exigeant une attention soutenue. Ils ont constaté que ces micro-sommeils apparaissent plus fréquemment chez les personnes atteintes de TDAH.
Une avancée pour comprendre les troubles de l’attention
Ce mécanisme offre une explication possible aux fluctuations d’attention souvent observées chez ces patients. Par moments, tout semble normal, puis la concentration chute soudainement sans prévenir. Les chercheurs de l’Inserm avancent que les adultes atteints de TDAH présentent une densité plus élevée d’ondes lentes, habituellement associées au sommeil profond. Plus cette densité est importante, plus ils ont tendance à faire des erreurs d’inattention et à avoir des temps de réaction plus lents ou variables.
Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre le TDAH. Elle pourrait aussi influencer les traitements et les stratégies d’accompagnement, en prenant en compte le rôle du sommeil et de l’activité cérébrale au quotidien.
Source : Sleep-like Slow Waves During Wakefulness Mediate Attention and Vigilance Difficulties in Adult Attention-Deficit/Hyperactivity Disorder, Journal of Neuroscience, mars 2026






