Scandale des prothèses anti-hernie : de quoi s’agit-il ?
En France, le scandale autour des prothèses anti-hernie prend une ampleur importante. On estime que jusqu’à 200 000 personnes pourraient être concernées par ces implants. Utilisées pour traiter les hernies de l’aine ou de l’abdomen, ces prothèses provoqueraient chez certains patients des douleurs intenses et invalidantes. Elles sont commercialisées par de grands groupes comme Medtronic ou Johnson & Johnson.
Depuis février 2026, ces implants, faits en polypropylène ou polyester, font l’objet d’une surveillance renforcée. Les patients souffrent de complications graves telles que des douleurs chroniques, des infections persistantes, ou encore des migrations de la prothèse ou des érosions d’organes voisins. Pour beaucoup, la vie quotidienne est devenue un calvaire, nécessitant des opérations de retrait difficiles et risquées. Des témoignages, notamment celui d’une victime alsacienne, mettent en lumière l’errance médicale face à des douleurs parfois décrites comme « insupportables ». Un avocat spécialisé prépare une action de groupe contre les fabricants, avec un dépôt prévu d’ici la fin du premier trimestre 2026. L’objectif est de faire reconnaître la dangerosité de ces produits et le manque d’information des patients.
Quelle est l’origine de l’affaire des prothèses anti-hernie ?
Le problème est apparu en France vers 2017-2018, lorsque des patients de tous âges ont signalé des réactions indésirables liées à certaines prothèses défectueuses ou mal conçues. La cause principale : un défaut de conception et l’utilisation de matériaux de mauvaise qualité par certains fabricants. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a mené des études, confirmant que ces dispositifs présentaient des risques pour la santé.
Face à ces constats, plusieurs fabricants, dont Johnson & Johnson et Medtronic, ont décidé de retirer certains produits du marché. Ce scandale a aussi révélé des failles dans la régulation des dispositifs médicaux, tant en France qu’à l’étranger. Aux États-Unis, par exemple, ce litige dure depuis plus de vingt ans. En 2024, un fabricant américain, Becton Dickinson, a accepté de verser des indemnités à 38 000 plaignants pour éviter un procès, ce qui constitue une reconnaissance tacite des risques liés à ces implants.
Quels sont les problèmes et symptômes rencontrés par les patients ?
De nombreux patients déclarent souffrir de complications après l’opération. Les symptômes les plus courants sont des douleurs chroniques, une impossibilité de marcher plus de quelques minutes, des difficultés à se baisser ou à porter des charges. Certains ressentent aussi une sensation de corps étranger en permanence, des infections à répétition ou des maladies auto-immunes.
Le cas du comédien Arnaud Denis a récemment attiré l’attention : face à l’impossibilité de retirer sa prothèse sans mettre sa vie en danger, il a annoncé entamer des démarches pour un suicide assisté à l’étranger. Ce témoignage illustre l’impasse dramatique dans laquelle se trouvent les victimes les plus gravement touchées. Beaucoup estiment aussi qu’on ne leur a pas donné toutes les informations nécessaires avant l’opération. La pose du filet leur a souvent été présentée comme une opération simple, sans mentionner le risque de douleurs chroniques, qui surviennent dans 1 à 5 % des cas et peuvent devenir invalidantes. Enfin, certains regrettent qu’aucune alternative chirurgicale sans implants synthétiques ne leur ait été proposée.
Quels sont les fabricants impliqués dans l’affaire ?
Parmi les principaux acteurs, on retrouve Medtronic, B. Braun, Johnson & Johnson/Ethicon, et Invamed. Ces entreprises ont commercialisé des implants en polypropylène ou polyester, jugés défectueux par certains experts. Leur responsabilité dans ce scandale est aujourd’hui fortement mise en question.
Quelle justice pour les victimes ?
Un avocat, Me Pierre Debuisson, a déposé une plainte collective contre plusieurs fabricants, notamment Medtronic, B. Braun, et Invamed. La procédure vise aussi des établissements de santé et l’État. Les accusations portent sur des « blessures involontaires, tromperie aggravée, homicide involontaire et défaut d’information ».
Initialement, la plainte concernait quelques dizaines de personnes, mais aujourd’hui, plusieurs centaines de victimes ont rejoint la procédure. Les collectifs de victimes estiment que ce scandale pourrait toucher jusqu’à 200 000 personnes en France à terme.






