Dans un cabinet de médecine générale, il arrive que des patients arrivent avec le nom du médicament qu’ils souhaitent voir prescrit sur leur ordonnance. Selon un rapport de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), 82 % des médecins généralistes ressentent une pression à prescrire, entre attentes des patients et crainte de manquer un diagnostic important.
En France, la revue indépendante Prescrire a intégré 108 médicaments sur sa liste noire 2026, dont 89 encore commercialisés. Ces médicaments sont considérés comme « plus dangereux qu’utiles ». Ce contexte complexe pousse les médecins à faire des choix parfois difficiles.
3 médicaments que je n’aime pas prescrire, selon un médecin britannique
Un médecin généraliste britannique, le Dr Asif Ahmed, partage sur TikTok ses trois médicaments qu’il préfère éviter en première intention. Ses arguments offrent un regard éclairé sur sa pratique quotidienne. Il précise qu’il ne s’agit pas de diaboliser ces médicaments, mais plutôt de hiérarchiser leur utilisation. Pour lui, ils présentent souvent des inconvénients ou existent des alternatives meilleures. Toutefois, il insiste sur l’importance de ne jamais arrêter un traitement sans en parler à son médecin, chaque situation étant différente.
1/ La gabapentine
Ce médicament est fréquemment prescrit pour soulager les douleurs neuropathiques. Le Dr Ahmed souligne qu’il n’existe pas de preuve solide que la gabapentine soit très efficace pour la douleur. Lorsqu’elle l’est, il faut souvent augmenter la dose, ce qui peut entraîner des effets secondaires tels que la somnolence, la confusion ou une baisse de la mémoire. De plus, beaucoup de patients prennent ce traitement pendant plusieurs années, sans réelle amélioration.
2/ Le citalopram
Ce médicament fait partie des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) et est utilisé pour traiter la dépression et les attaques de panique. Le Dr Ahmed précise qu’il ne rejette pas totalement le citalopram, mais préfère l’escitalopram, qui, d’après les études, serait plus efficace pour traiter la dépression. Selon lui, l’escitalopram présente également une efficacité légèrement supérieure avec une tolérance similaire.
3/ Le sumatriptan
Très utilisé pour soulager les migraines, le sumatriptan reste une prescription courante. Cependant, le médecin privilégie souvent le zolmitriptan, une autre molécule. Selon lui, le zolmitriptan nécessite une dose plus faible, est plus efficace, et peut être utilisé pour les migraines déclenchées pendant les règles. Des essais cliniques indiquent un soulagement au moins équivalent, voire légèrement supérieur, avec un profil d’effets secondaires comparable.
Dans sa pratique, le Dr Ahmed adapte son choix en fonction du profil de chaque patient : antécédents, traitements en cours, gravité de l’épisode, ou tolérance aux effets indésirables. La priorité reste toujours de débuter par le traitement offrant le meilleur rapport bénéfice/risque pour chaque personne.
Face à ces médicaments parfois difficiles à retenir, le dialogue avec son médecin est essentiel. Si l’on vous propose un de ces traitements, il est conseillé de poser des questions telles que :
- Pourquoi avez-vous choisi ce traitement plutôt qu’un autre de la même famille ?
- Au bout de combien de temps pourrai-je savoir s’il fonctionne ?
- Quels signes doivent m’alerter sur d’éventuels effets secondaires ?






