Quand s’inquiéter des pertes de mémoire liées à l’âge ?
Avec l’âge, il est courant de ressentir des difficultés mentales, notamment lorsqu’on oublie où l’on a garé ses clés ou le nom d’un animal ou d’une personne. Ces oublis sont souvent liés à la fatigue ou au stress, mais comment faire la différence avec un déclin cognitif plus sérieux ?
Le neurologue Richard Restak, âgé de 82 ans, explique que ces petits oublis sont normaux. Il souligne que le stress peut provoquer une baisse temporaire des fonctions cérébrales. Par exemple, se souvenir d’un nom ou retrouver sa voiture dans un centre commercial peut devenir difficile, mais ce n’est pas inquiétant en soi.
En revanche, il met en garde contre certains oublis plus importants. Si, par exemple, vous sortez d’un magasin et ne vous rappelez pas comment vous êtes venu (en voiture, en bus ou en taxi), cela peut être un signe à surveiller.
Les signes à surveiller
Selon Richard Restak, un léger déclin cognitif peut survenir avec l’âge sans être alarmant. Il raconte avoir rencontré des difficultés pour se souvenir des noms lors d’un dîner il y a plusieurs années, mais cela ne l’inquiète pas. La mémoire fonctionne principalement par images, et ne pas retenir certains prénoms est normal.
Ce qui doit alerter, c’est plutôt si vous perdez la mémoire de choses importantes ou si vous ne vous souvenez plus comment vous avez effectué un trajet. Par exemple, oublier comment utiliser les commandes de votre voiture est un signal sérieux. Dans ces cas, il est conseillé de consulter un médecin rapidement.
Les oublis qui ne doivent pas inquiéter
Certains oublis sont liés à l’attention plutôt qu’à la mémoire. Si vous préférez penser à autre chose qu’au parking où vous avez laissé votre voiture, il est normal de l’oublier. La difficulté à prêter attention à des détails peu intéressants peut expliquer ces petits oublis.
En revanche, si les oublis concernent des sujets importants ou impactants, cela peut être un signe de déclin cognitif. Un exemple donné par un professeur de psychologie clinique est celui d’un enfant qui ne se souvient pas d’un déménagement récent, ce qui indique une perte de mémoire préoccupante.
Les situations à considérer comme préoccupantes
Un autre signe inquiétant est si vous montez dans votre voiture et ne vous souvenez plus comment utiliser ses commandes. Ce type d’oubli nécessite une consultation médicale.
Si vous constatez des pertes de mémoire marquantes ou des changements cognitifs inhabituels, il est essentiel de consulter votre médecin généraliste pour évaluer la situation.
Comment préserver sa mémoire et retarder le déclin
Il est important de savoir que toutes les pertes de mémoire ne sont pas forcément liées à la démence. Certaines peuvent être causées par des maladies cardiaques qui affectent la circulation sanguine vers le cerveau.
Il ne faut pas non plus paniquer si, en vieillissant, vous avez du mal à retrouver le nom d’un acteur ou d’un film. Selon le Dr Restak, il existe plusieurs moyens de limiter ou de retarder ces problèmes.
Il recommande notamment de réduire le stress, car cela peut améliorer la fonction cognitive. Il conseille également de prendre soin de soi : dormir suffisamment, faire des pauses, et éviter le surmenage.
Pour stimuler le cerveau, il est aussi conseillé de continuer à apprendre, à lire, à écrire, à faire des puzzles, ou à rencontrer du monde. Ces activités maintiennent la plasticité cérébrale et réduisent le risque de démence.
Le neurologue insiste sur le fait que le cerveau reste très adaptable tout au long de la vie. Il est possible de constituer une réserve cognitive dès l’enfance et de la faire évoluer jusqu’à un âge avancé en pratiquant régulièrement de nouvelles activités.






