Un nouveau test sanguin pour détecter le cancer du cerveau
Des chercheurs de l’Université de Manchester ont développé un test sanguin expérimental pour diagnostiquer le glioblastome, la forme la plus courante et la plus agressive de cancer du cerveau chez l’adulte. Selon leurs résultats, cette méthode pourrait simplifier le diagnostic et le suivi de la maladie, qui sont actuellement complexes et souvent invasifs.
Cette étude, publiée dans la revue Neuro-oncology Advances, s’appuie sur la détection de deux protéines dans le sang : le facteur de coagulation IX (F9) et la protéine matricielle oligomérique du cartilage (COMP). La présence simultanée de ces biomarqueurs forme une « signature double marqueur ».
Un diagnostic fiable, même en cas de récidive
La professeure Petra Hamerlik, qui a dirigé le projet, explique que « notre test sanguin à double marqueur a atteint une précision supérieure à 90 % et a conservé cette performance lors des récidives ». Ces biomarqueurs évoluent au fil de la maladie : ils augmentent en cas de récidive et diminuent lors des traitements, permettant ainsi de suivre l’efficacité thérapeutique en temps réel.
Une alternative aux examens invasifs
Actuellement, le diagnostic du glioblastome repose principalement sur l’IRM et la biopsie chirurgicale. Ces procédures sont lourdes, parfois difficiles à répéter et ne permettent pas toujours de détecter précocement les changements dans la maladie.
Petra Hamerlik rappelle que « l’absence de tests fiables a longtemps constitué un obstacle majeur au diagnostic précoce et au suivi de la réponse au traitement ». Ce nouveau test sanguin pourrait offrir une solution simple, rapide et moins invasive. À terme, il pourrait être utilisé en médecine générale, notamment pour des patients consultant pour des maux de tête persistants, afin d’orienter rapidement vers une IRM. Elle insiste : « Un diagnostic tardif compromet le pronostic des patients ».
Vers un dépistage précoce et un meilleur suivi
À long terme, l’objectif est de développer un dispositif simple, comparable à un test de dépistage du Covid-19, capable d’identifier rapidement un risque de tumeur cérébrale. Cela permettrait d’accélérer la prise en charge et d’augmenter les chances de succès du traitement.
Un essai clinique est en cours, mené sur plusieurs sites au Royaume-Uni et à l’international, pour valider cette approche. Le docteur Simon Newman, directeur scientifique de The Brain Tumour Charity, souligne que « cette recherche représente donc une avancée significative vers un simple test sanguin ».






