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Mélatonine : un complément pour dormir pourrait doubler le risque d’insuffisance cardiaque

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Un complément pour le sommeil peut augmenter le risque d’insuffisance cardiaque

La mélatonine est une hormone naturellement produite par notre cerveau la nuit. Elle aide à réguler le cycle du sommeil. En version synthétique, elle est souvent utilisée pour lutter contre le décalage horaire ou pour favoriser l’endormissement. En France, on peut l’acheter librement en pharmacie si le dosage ne dépasse pas 1,9 mg. Elle est considérée comme un complément “naturel”.

De plus en plus de personnes prennent de la mélatonine régulièrement, notamment une demi-heure avant d’aller dormir. Si cela semble efficace pour s’endormir rapidement, cette pratique pourrait avoir des effets négatifs à long terme. En particulier, une consommation prolongée pourrait augmenter le risque de problèmes cardiovasculaires graves.

Une augmentation du risque d’insuffisance cardiaque de 89 %

Une étude récente, menée auprès de 130 000 adultes dans plusieurs pays, indique que prendre de la mélatonine pendant plus d’un an pourrait accroître le danger d’insuffisance cardiaque et de décès. Les chercheurs ont suivi ces personnes sur plusieurs années, en comparant celles qui avaient consommé de la mélatonine pendant un an ou plus avec celles qui n’en avaient pas pris.

Les résultats montrent que les utilisateurs de mélatonine présentaient davantage d’insuffisances cardiaques, d’hospitalisations et une mortalité plus élevée. Plus précisément, 4,6 % des personnes ayant pris de la mélatonine ont développé une insuffisance cardiaque, contre 2,7 % chez celles qui n’en avaient pas consommé. Cela représente un risque relatif augmenté de 89 %.

Les hospitalisations pour insuffisance cardiaque concernaient 19 % des utilisateurs, contre 6,6 % chez les non-utilisateurs. La mortalité toutes causes confondues était de 7,8 % chez les consommateurs contre 4,3 % chez les autres, ce qui signifie un risque presque doublé.

Prudence : pas plus de deux mois d’utilisation

Les études sur l’usage à long terme de la mélatonine restent limitées. Pourtant, la consommation régulière tend à se démocratiser. Le Dr Ekenedilichukwu Nnadi, principal auteur de l’étude, souligne que la mélatonine peut ne pas être aussi inoffensive qu’on le pense souvent.

En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) recommande un usage ponctuel. Elle conseille également aux personnes souffrant d’épilepsie, d’asthme, de troubles de l’humeur, aux femmes enceintes ou allaitantes, aux enfants, ou à celles qui prennent plusieurs médicaments, de ne pas en prendre.

Les autorités sanitaires estiment que des prises courtes, d’un à deux mois, sont généralement bien tolérées chez l’adulte en bonne santé. Cependant, une utilisation quotidienne sur plusieurs mois doit faire l’objet d’un avis médical, surtout pour les personnes âgées, ou souffrant d’hypertension, de diabète ou de problèmes cardiaques.

Les experts recommandent aussi de ne pas augmenter soi-même les doses, d’éviter les cures prolongées et de privilégier l’hygiène du sommeil ou les thérapies comportementales, qui restent les premières options contre l’insomnie.

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