Un risque accru de rupture des tendons chez les patients prenant certains médicaments
Une étude récente menée sur 150 000 patients révèle que l’utilisation d’un médicament très courant pourrait augmenter d’environ 50 % le risque de rupture tendineuse. Ces résultats ont été présentés en mars 2026 lors du congrès de l’American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS).
Selon les données de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), environ 870 000 Français prennent ce traitement chaque jour. Sa popularité ne cesse de croître, ce qui motive la réalisation d’études internationales pour mieux comprendre ses effets à long terme. L’une d’elles, dirigée par Jad Lawand, étudiant en médecine à l’université du Texas, a analysé les dossiers médicaux de près de 150 000 patients sur une période de cinq ans.
Les chercheurs ont observé la survenue de ruptures de tendons chez ces patients. Les résultats montrent que ceux sous traitement ont un risque environ 50 % plus élevé de développer ces ruptures comparé à ceux qui ne prennent pas ce médicament. Leur étude indique notamment que le risque global demeure faible, inférieur à 1 %, mais qu’il est significativement plus élevé chez certains groupes.
Concrètement, chez les patients obèses sous traitement, le taux de rupture de la coiffe des rotateurs était de 2,4 %, contre 1,5 % chez les autres, soit un risque multiplié par 1,55. De même, le risque de rupture du tendon d’Achille passait de 0,2 % à 0,3 %, et celui du grand pectoral de 0,5 % à 0,8 %. Chez les patients atteints à la fois de diabète de type 2 et d’obésité, ces risques étaient encore plus élevés pour plusieurs tendons, notamment ceux de la coiffe des rotateurs, du tendon péronier, du tendon d’Achille et du tendon quadricipital.
Les médicaments concernés et leurs effets secondaires
Ce traitement appartient à une classe de médicaments appelés agonistes des récepteurs du GLP-1. Parmi eux, on trouve l’Ozempic®, le Wegovy®, le Victoza® ou le Trulicity®. Ces médicaments sont largement prescrits pour traiter le diabète, mais aussi pour aider à la perte de poids. Ils agissent en imitant une hormone naturelle, le GLP-1, qui réduit l’appétit, ralentit la vidange de l’estomac et régule le taux de sucre dans le sang.
Cependant, leur utilisation pourrait avoir des effets indésirables sur les tendons. Selon Jad Lawand, ces résultats soulignent la nécessité d’études prospectives pour mieux évaluer ces risques musculosquelettiques. Une hypothèse avancée est que la perte de poids rapide induite par ces médicaments incite certains à augmenter leur activité physique, ce qui pourrait favoriser les ruptures si l’activité n’est pas encadrée.
Recommandations et précautions
Le Dr Alexander Sah, de l’Institute for Joint Restoration en Californie, insiste sur l’importance d’informer les patients. Selon lui, les utilisateurs doivent être conscients des risques potentiels, surtout s’ils prennent déjà d’autres médicaments pouvant affaiblir les tendons. Une attention particulière doit également être portée aux personnes ayant des antécédents familiaux de lésions tendineuses ou de déchirures, afin d’éviter tout effet indésirable grave.






