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L’hypertension : le tueur silencieux à connaître absolument

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Qu’est-ce que l’hypertension artérielle ?

L’hypertension artérielle concerne 1,28 milliard de personnes dans le monde. Elle se définit par une pression du sang dans les artères trop élevée, généralement lorsque la valeur dépasse 12. Une tension entre 8 et 12 est considérée comme normale. Cette maladie est un facteur majeur de risques tels que l’accident vasculaire cérébral, la crise cardiaque ou l’insuffisance cardiaque. Elle apparaît souvent avec l’âge et peut être liée à un excès de poids. Malheureusement, de nombreux patients découvrent leur problème tardivement, parfois lors d’un infarctus.

Pourquoi l’hypertension est-elle appelée « le tueur silencieux » ?

Le cardiologue Patrick Kee explique que l’hypertension agit dans l’ombre, en endommageant les vaisseaux sanguins pendant des années sans provoquer de symptômes visibles. Entre cœur, cerveau et reins, les dégâts peuvent être importants. Il précise également que des objectifs de tension plus faibles, comme 120, offrent une meilleure protection contre le déclin cognitif, les AVC et la mortalité. Ces nouvelles recommandations visent à intervenir plus tôt, avant que des lésions irréversibles ne se développent.

Comment mesurer et diagnostiquer une hypertension ?

En Europe, une pression artérielle normale est inférieure à 120/70 mmHg. Elle est considérée comme élevée entre 120 et 139/70 à 89 mmHg, et comme hypertension à partir de 140/90 mmHg en consultation. Si les deux chiffres (systolique et diastolique) se situent dans des catégories différentes, le médecin retiendra la catégorie la plus élevée. Par exemple, 135/92 mmHg correspond à une hypertension de stade 2.

Un seul chiffre élevé lors d’une consultation ne suffit pas pour poser un diagnostic. La pression varie selon l’environnement et le moment de la journée. Les médecins confirment l’hypertension à l’aide d’automesures à domicile et parfois grâce à une MAPA (monitorage ambulatoire de la pression artérielle), qui enregistre la tension sur 24 heures.

Quand faut-il commencer un traitement médicamenteux ?

Lorsque la pression tourne régulièrement autour de 140/90 mmHg ou plus, les médecins proposent souvent des médicaments antihypertenseurs. Ils encouragent aussi à modifier le mode de vie. Pour déterminer si un traitement médicamenteux est nécessaire, un nouvel outil, le calculateur PREVENT, est utilisé. Il évalue le risque de maladie cardiovasculaire sur 10 ans, intégrant aussi l’insuffisance cardiaque ou les atteintes rénales, ce que les anciens outils ne faisaient pas. Ce calcul s’applique aux adultes à partir de 30 ans.

En France, le score SCORE2 est plus couramment utilisé. Il estime le risque d’événements cardiovasculaires à 10 ans en tenant compte de l’âge, du tabagisme, du cholestérol, du diabète et des atteintes d’organes. La décision de prescrire un traitement repose donc sur une évaluation globale du risque.

À quoi servent réellement les médicaments contre l’hypertension ?

Les médicaments ne visent pas seulement à faire baisser la tension. Leur objectif est aussi de protéger le cerveau contre la démence, et les reins contre l’insuffisance. Les cardiologues utilisent différentes familles de médicaments, comme les IEC, ARA2, inhibiteurs calciques ou diurétiques thiazidiques. Patrick Kee compare ces médicaments à un « bouclier biologique », qui aide à garder les vaisseaux sanguins jeunes et à préserver le cœur, le cerveau et les reins.

Parler tôt de ses chiffres avec un médecin permet d’ajuster ce « bouclier » pour une meilleure protection.

Que faire en cas d’hypertension de grade 1 ?

Pour une hypertension légère, sans diabète ni atteinte d’organes cibles, un traitement non médicamenteux peut suffire. Le médecin recommande souvent un essai de 3 à 6 mois pour améliorer l’hygiène de vie. Il conseille généralement de perdre du poids, de limiter le sel à environ 6 g par jour, de faire une activité physique régulière, et de réduire la consommation d’alcool. Selon Patrick Kee, ces changements peuvent souvent faire baisser la pression aussi efficacement qu’un médicament.

Quelle est l’importance de l’hygiène de vie ?

L’alimentation joue un rôle clé. Il ne s’agit pas seulement de réduire le sel, mais aussi de limiter les aliments ultra transformés riches en sucres rapides et en huiles raffinées. Préférez une alimentation riche en fruits, légumes, légumineuses et céréales complètes. Ces aliments, riches en fibres, magnésium et potassium, aident à éliminer le sodium et à détendre les vaisseaux sanguins.

Concernant l’activité physique, une marche rapide, le vélo ou la natation peuvent faire baisser la pression systolique d’environ 6 mmHg, un effet comparable à celui de certains médicaments. Perdre quelques kilos par une alimentation saine et de l’exercice peut également réduire la pression et soulager le cœur.

Il est aussi essentiel de gérer le stress. Le stress chronique provoque la libération d’hormones qui resserrent les vaisseaux et augmentent la tension. Le manque de sommeil peut aussi favoriser la prise de poids et augmenter la pression. Il est conseillé de dormir au moins 6 à 7 heures, de pratiquer des exercices de respiration ou de marche, et de limiter la consommation d’excitants le soir. Enfin, il est recommandé de dîner léger et d’éviter les écrans au moins 40 minutes avant de dormir dans une chambre fraîche et sombre.

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