Et si votre prochain bilan sanguin pouvait déjà donner un indice sur la façon dont vous allez vieillir ? Des chercheurs en Suède et en Suisse ont comparé le sang de milliers de seniors, dont certains ont dépassé 100 ans. Leur objectif : identifier, avant l’âge de 80 ans, des signaux biologiques liés à une longévité exceptionnelle.
Une étude publiée dans la revue GeroScience a analysé les données de 44 636 Suédois âgés de 64 à 99 ans, suivis pendant jusqu’à 35 ans. Parmi eux, 1 224 sont devenus centenaires, soit 2,7 % des participants, dont 85 % étaient des femmes. Les chercheurs ont étudié douze biomarqueurs sanguins liés au métabolisme, au foie, aux reins, à l’inflammation et à l’anémie.
Les profils sanguins des futurs centenaires
Les résultats montrent qu’à partir de 60 ans, le profil sanguin des personnes qui atteindront 100 ans commence à se distinguer. Leur taux de glucose reste généralement inférieur à 6,5 mmol/L, la créatinine est en dessous de 125 µmol/L, et leur acide urique, un marqueur d’inflammation, est aussi plus faible. Selon Karin Modig du Karolinska Institutet, ces différences, bien que modestes, suggèrent un lien entre la santé métabolique, la nutrition et une longévité hors norme.
En classant les participants selon leur niveau d’acide urique, ceux ayant la valeur la plus basse ont environ 4 % de chances d’atteindre 100 ans, contre 1,5 % pour ceux dont le taux est élevé. Les personnes décédées avant cet âge présentent plus souvent des valeurs élevées de créatinine, d’acide urique, de glucose, de cholestérol ou de fer. En revanche, les centenaires évitent généralement ces extrêmes.
Ce que votre bilan sanguin à 60 ans révèle
Ces résultats portent sur des examens courants, tels que la glycémie à jeun, la créatininémie, l’uricémie, le cholestérol total, le fer, l’albumine, ainsi que des enzymes du foie (ASAT, ALAT, GGT, phosphatase alcaline, LDH) et la transferrine, qui indique une éventuelle anémie. Dans l’étude suédoise, les futurs centenaires avaient en moyenne un glucose, une créatinine, un acide urique, des enzymes hépatiques et une transferrine plus faibles, tandis que leur cholestérol total et leur fer étaient légèrement plus élevés, sans être extrêmes.
Les différences observées restent modestes sur toute une vie. Ces biomarqueurs ne permettent pas de prédire avec certitude la longévité d’une personne, mais donnent des pistes d’action. « Il est raisonnable de penser que l’alimentation et la consommation d’alcool jouent un rôle. Surveiller ses valeurs rénales, hépatiques, son glucose et son acide urique en vieillissant n’est probablement pas une mauvaise idée », explique Karin Modig.
Protéines de jeunesse et influence génétique
Une étude suisse, publiée dans Aging Cell, s’est concentrée cette fois sur les protéines présentes dans le sang. Chez des centenaires comparés à d’autres adultes, 724 protéines ont été mesurées. Parmi elles, 37, soit environ 5 %, présentaient un profil « jeune », associé à la gestion du stress oxydatif, à la qualité des tissus, au métabolisme des graisses et à l’inflammation.
Les chercheurs estiment que l’héritage génétique contribue pour environ 25 % à la longévité, le reste étant surtout influencé par le mode de vie.






