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Découverte révolutionnaire : des microbes pour bloquer les allergies respiratoires

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Des chercheurs de l’Institut Pasteur et de l’Inserm ont découvert qu’une exposition des poumons à des fragments de microbes peut bloquer les réactions allergiques, et cela pendant plusieurs mois.

Une nouvelle approche contre les allergies

En France, environ 20 à 25 % de la population souffre de maladies allergiques. Les allergies respiratoires, souvent liées au pollen, sont parmi les plus fréquentes. Une étude récente, publiée le 3 mars dans la revue Nature Immunology, pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements préventifs.

Les chercheurs, dirigés par Gérard Eberl et Lucie Peduto, ont montré que l’exposition aux microbes pourrait protéger les poumons du développement d’allergies et d’asthme.

Les résultats de l’étude

Les scientifiques ont exposé des souris, en particulier leurs poumons, à des fragments de virus ou de bactéries inoffensifs. Cette exposition a déclenché une réponse immunitaire appelée « réponse de type 1 ». Lorsqu’elles ont été ensuite confrontées à un allergène, ces souris étaient protégées contre ses effets, et ce, pendant au moins six semaines.

Sans cette exposition préalable, l’allergène provoquait une hypersensibilité des poumons, et lors d’une réexposition, la réaction allergique s’amplifiait considérablement. La protection apportée par les microbes semble donc essentielle pour limiter ces réactions excessives.

Une protection durable

Les chercheurs ont aussi constaté qu’une simple préexposition aux microbes, sans allergène en même temps, pouvait protéger les souris pendant plus de trois mois. Cela ressemble à une sorte de « calme » que la bouillie de microbes donne au poumon, préparant ainsi l’organe à mieux résister aux allergènes futurs.

Selon Lucie Peduto, cette protection pourrait aider à réduire l’hyperréactivité des poumons face aux allergènes comme le pollen ou la poussière. Elle explique que le corps réagit souvent de manière excessive, ce qui mène à des maladies comme l’asthme ou l’allergie.

Une modification épigénétique durable

Les chercheurs ont découvert que cette protection n’est pas uniquement due aux cellules immunitaires, mais aussi aux fibroblastes, des cellules structurelles du poumon. Ces cellules, qui forment la structure de l’organe, jouent un rôle clé dans cette mémoire immunitaire.

Lorsque le poumon est exposé à des fragments microbien, cela modifie un gène précis, appelé gène Ccl11, dans les fibroblastes. Cette modification, appelée épigénétique, persiste plusieurs mois et empêche les réactions allergiques. Elle constitue une mémoire tissulaire qui reste même après la disparition des cellules immunitaires initiales.

Perspectives thérapeutiques

Selon Lucie Peduto, cette découverte pourrait permettre de développer des traitements prophylactiques, c’est-à-dire à utiliser avant même que l’allergie ne se manifeste. L’équipe envisage de cibler directement les fibroblastes pour renforcer cette mémoire immunitaire.

Des tests sur l’homme sont maintenant nécessaires pour vérifier si ces résultats peuvent être appliqués à la prévention ou au traitement des allergies respiratoires.

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