Les signes de déclin cérébral à surveiller au quotidien
Il est fréquent de constater des difficultés à suivre une conversation, ou d’oublier le prénom d’un voisin ou le numéro de téléphone d’un proche. Ces petits signes, souvent négligés, peuvent en réalité être des alertes précoces de déclin cognitif. Selon une étude de l’Inserm, ce déclin commence dès l’âge de 45 ans, et dépend fortement du mode de vie. Les chercheurs ont notamment observé que le raisonnement chez les femmes diminue de 3,6 % entre 45 et 49 ans, jusqu’à 7,4 % chez les 65-70 ans. Ces changements peuvent avoir de lourdes conséquences, notamment en augmentant le risque de maladies neurodégénératives comme Alzheimer, qui touche aujourd’hui 1,4 million de personnes en France.
Les causes du déclin cognitif
Le déclin cognitif est dû à l’atrophie progressive du lobe frontal, un phénomène qui accompagne le vieillissement, même si son rythme varie d’une personne à l’autre, explique Ben Parris, professeur en cognition et neurosciences. Il insiste sur l’importance de rester vigilant face aux signes de rétrécissement de cette zone du cerveau afin de pouvoir agir rapidement pour ralentir ce processus.
Les 5 signes à repérer dans la vie quotidienne
- Incapacité à faire plusieurs choses en même temps
Un des premiers signaux d’alerte est la difficulté à multitâcher. Par exemple, ne plus pouvoir préparer un repas tout en conversant. Selon Ben Parris, cela peut indiquer un problème de flexibilité cognitive, c’est-à-dire la capacité à passer d’une tâche à une autre tout en restant concentré. Dans les cas extrêmes, cela peut se traduire par continuer à remuer une casserole sans avoir la cuillère à la main après s’être retourné pour parler à quelqu’un.
- Oublier des mots en pleine conversation
Sautez souvent des mots lors de vos échanges ? Par exemple, dire « J’ai rendez-vous médecin » au lieu de « J’ai rendez-vous chez le médecin ». Cela peut indiquer que le cerveau n’a pas réussi à inhiber le dernier mot avant de le prononcer, un signe précoce de trouble du langage pouvant précéder une démence.
- Mélanger des mots apparentés
Vous inversez fréquemment la signification de certains mots ? Par exemple, dire « carnet » au lieu de « d’agenda » ou écrire « sceptique » au lieu de « surpris » ? Ces erreurs, appelées aphasie, résultent d’une lésion dans des zones spécifiques du cerveau. Plus ces erreurs deviennent fréquentes ou éloignées du mot voulu, plus cela peut indiquer un déclin cognitif avancé.
- Oublier des éléments lors de courses
Si vous oubliez d’apporter votre portefeuille ou vos clés en faisant des courses, cela peut être un signe que la mémoire de travail est affectée. Un phénomène qui concerne la capacité à conserver et manipuler des informations à court terme. Oublier occasionnellement un objet est normal, mais si cela devient fréquent, il est conseillé de consulter.
- Se perdre dans un magasin
Lorsqu’on oublie ce dont on avait besoin en étant dans le rayon ou qu’on doit parcourir plusieurs fois les mêmes allées, cela peut révéler une détérioration de la mémoire spatiale. La mémoire à court terme et la mémoire spatiale peuvent diminuer avec le temps, rendant difficile de retrouver ses produits.
Comment ralentir ce déclin cognitif ?
Il n’existe pas de solution miracle pour stopper le déclin cognitif, mais plusieurs mesures peuvent aider à préserver ses fonctions mentales :
- Adopter une alimentation saine et pratiquer régulièrement une activité physique
Une alimentation équilibrée et de l’exercice physique sont essentiels pour le cerveau. Manger des oméga-3, présents dans les noix et les poissons gras comme le saumon ou la truite, favorise la mémoire et la concentration. Le sport, notamment la musculation deux fois par semaine ou le cardio, améliore la circulation sanguine vers le cerveau et limite l’atrophie cérébrale.
- Éviter le tabac et limiter l’alcool
Fumer ou consommer excessivement de l’alcool accélère le déclin cognitif en provoquant une atrophie de certaines zones du cerveau responsables de la mémoire et des fonctions cognitives.
- Stimuler son cerveau en continu
Engager régulièrement de nouvelles activités permet de maintenir ses capacités. Apprendre une langue, jouer d’un instrument, faire des puzzles ou lire des ouvrages complexes contribue à préserver la jeunesse du cerveau, selon l’expert.
- Passer du temps dans la nature et socialiser
Passer du temps en plein air et entretenir une vie sociale renforcent la mémoire de travail et les fonctions cognitives. Discuter avec ses proches ou participer à des activités sociales sont des moyens simples et efficaces pour maintenir ses capacités mentales.
Quand consulter un médecin ?
Il est conseillé d’écouter l’entourage en cas de suspicion de déclin cognitif. Si une personne proche s’inquiète pour vous, il est important de faire un bilan. En effet, certains individus peuvent ne pas avoir conscience de leur dégradation, phénomène connu sous le nom d’anosognosie. La majorité des patients atteints d’Alzheimer souffrent de cette absence de conscience. En cas de doute, il est recommandé de consulter un professionnel en neuropsychologie pour évaluer la situation.






