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Crise à la Sécurité Sociale 2025 : les ménages modestes et seniors en danger

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Déficit de la sécurité sociale en 2025 : des impacts plus lourds pour les ménages modestes et les seniors

Le déficit de la Sécurité sociale devrait atteindre 23 milliards d’euros en 2025, dont près de 17 milliards pour la branche maladie. Face à cette situation, le gouvernement envisage de recourir au déremboursement de certains soins pour combler le manque à gagner. Une solution technique en apparence, mais qui a des conséquences concrètes sur le portefeuille des assurés.

Une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), publiée en février, a analysé cinq scénarios de déremboursement, chacun permettant d’économiser un milliard d’euros. Ces scénarios incluent des mesures comme la hausse du ticket modérateur, l’augmentation des franchises ou des participations forfaitaires. Ces changements représentent en réalité un transfert discret de charges vers les ménages, en particulier les plus vulnérables. Pourtant, l’impact n’est pas le même selon les profils.

Un tournant dans le financement du système de santé

Depuis une dizaine d’années, l’Assurance maladie se désengage progressivement. Cela s’est traduit par plusieurs mesures : réduction du remboursement des médicaments à faible service médical rendu en 2011, déremboursement des médicaments homéopathiques dix ans plus tard, hausse du ticket modérateur pour les soins dentaires en 2023, puis en 2024, augmentation des participations forfaitaires et des franchises pour diverses prestations.

Selon la Drees, ces mesures ont pour effet de réduire la progressivité du financement du système de santé. En d’autres termes, elles fragilisent l’équité entre ménages selon leur niveau de revenu, et entre malades et personnes en bonne santé. La charge financière supplémentaire est supportée par les ménages, directement ou via leurs complémentaires santé. Les tickets modérateurs augmentés se répercutent dans les primes d’assurance, tandis que les franchises et participations forfaitaires augmentent le reste à charge à chaque dépense médicale.

Les ménages modestes et les seniors, les plus touchés

Selon la Drees, le coût de ces déremboursements, rapporté au revenu, est deux fois plus élevé pour les ménages modestes que pour les plus aisés. En moyenne, ils paieraient un surplus de 20 à 23 euros par mois, soit environ 0,12 % à 0,13 % de leur revenu. Les ménages plus riches, eux, supporteraient entre 39 et 43 euros, représentant moins de 0,06 % de leurs ressources.

Les effets varient aussi en fonction de l’âge et de l’état de santé. Lorsqu’il s’agit du ticket modérateur pour les consultations ou les soins dentaires, le coût reste compris entre 28 et 44 euros, sans grande différence selon les profils. En revanche, pour les médicaments, la facture s’alourdit fortement pour les personnes malades ou âgées. Pour celles en mauvaise santé, elle dépasse 40 euros, et pour les plus de 75 ans, elle peut atteindre 60 euros ou plus.

Une hausse des franchises ou des participations forfaitaires ferait grimper le reste à charge à 44-49 euros pour les personnes malades, contre 22-27 euros pour celles en bonne santé. Chez les plus de 75 ans, cette dépense pourrait atteindre 48-57 euros, contre 15-21 euros pour les moins de 40 ans. La couverture par la complémentaire santé solidaire (C2S) limite partiellement ces coûts, mais elle ne couvre pas tous les ménages modestes, notamment ceux qui ne recourent pas à la mutuelle ou dont les revenus dépassent légèrement le seuil d’éligibilité.

Une alternative : augmenter les prélèvements

Pour éviter le déremboursement, la Drees propose une autre solution : augmenter d’un montant équivalent les prélèvements destinés à financer l’Assurance maladie. Cela inclurait les cotisations sociales, la CSG, la CRDS, la TVA ou encore les taxes sur le tabac, l’alcool et les médicaments. Cette mesure permettrait de générer un milliard d’euros de recettes supplémentaires sans réduire les remboursements.

Selon l’étude, cette option améliorerait l’équité du système. Elle aurait un impact moins lourd sur les ménages modestes, les seniors et les malades chroniques, même si elle pèserait davantage sur les actifs. Cependant, une hausse généralisée des prélèvements pourrait aussi avoir des effets négatifs, comme une augmentation des coûts pour les consommateurs ou une possible baisse de l’emploi en raison de l’accroissement des cotisations et des prix.

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