Selon une étude récente, près de la moitié des cas de maladie d’Alzheimer pourraient être évités en agissant sur certains modes de vie. Bien que l’âge et la génétique jouent un rôle important dans le développement de la démence, les chercheurs de l’Université de Lund estiment qu’il est possible de freiner ou d’éviter la progression de la maladie en modifiant certains comportements.
Les scientifiques ont examiné 17 facteurs de risque, qu’ils soient fixes ou modifiables, chez 494 participants dont l’âge moyen était de 65 ans. Ces participants ont été suivis pendant environ quatre ans. Parmi ces facteurs, on retrouve l’hypertension, l’hypercholestérolémie, les maladies cardiaques, le diabète, le tabagisme, la consommation d’alcool, le niveau d’activité physique, la qualité du sommeil, l’isolement social, ainsi que le niveau d’études.
Les résultats indiquent qu’environ 45 % des cas de démence pourraient être liés à ces facteurs de risque modifiables. Selon Sebastian Palmqvist, auteur principal de l’étude, la majorité des recherches existantes ne prennent pas en compte les différentes causes possibles de la démence ou la manière dont on peut agir dessus.
Il est important de préciser que la maladie d’Alzheimer est la forme la plus courante de démence.
Les mécanismes cérébraux impliqués
Les chercheurs ont analysé trois marqueurs clés du déclin cognitif : les hypersignaux de la substance blanche, les peptides bêta-amyloïdes et la protéine tau. Les hypersignaux, souvent observés chez les personnes âgées ou souffrant d’hypertension, de diabète ou de tabagisme, sont liés à une détérioration cognitive et à des accidents vasculaires cérébraux.
Les peptides bêta-amyloïdes forment des plaques caractéristiques de la maladie d’Alzheimer, tandis que la protéine tau peut créer des enchevêtrements qui entravent le fonctionnement des cellules nerveuses. L’étude montre que l’âge avancé et la présence du gène APOE e4 accélèrent l’accumulation de ces protéines, mais que certains facteurs liés au mode de vie peuvent également influencer ces processus.
Le rôle crucial de la santé vasculaire
Les chercheurs soulignent que l’hypertension, l’hyperlipidémie, les maladies cardiovasculaires et le tabagisme contribuent à des lésions des vaisseaux sanguins du cerveau. Ces lésions altèrent la circulation sanguine et l’oxygénation du cerveau, augmentant ainsi le risque de déclin cognitif. Selon Isabelle Glans, co-auteure de l’étude, la majorité des facteurs de risque modifiables sont liés à ces lésions vasculaires.
Le diabète, quant à lui, est associé à une accélération de l’accumulation de bêta-amyloïde. Cela pourrait s’expliquer par une résistance à l’insuline qui perturbe l’élimination de cette protéine par le cerveau.
Perspectives de prévention encourageantes
Ces résultats s’inscrivent dans la lignée d’autres études, notamment celles publiées dans The Lancet, qui identifiaient déjà plusieurs facteurs de risque modifiables de démence. Des recherches comme l’étude américaine POINTER montrent que la pratique régulière d’exercice physique et une alimentation méditerranéenne peuvent améliorer les fonctions cognitives chez les personnes à risque.
Les auteurs soulignent que des changements précoces dans le mode de vie pourraient réduire de manière significative le risque de développer une démence. Selon Sebastian Palmqvist, se concentrer sur la santé vasculaire et métabolique peut aider à limiter l’impact de plusieurs altérations cérébrales simultanément.






