Les maladies neurodégénératives, telles que la maladie d’Alzheimer, représentent un défi majeur pour le système de santé en France et dans le monde. Actuellement, près de 1 200 000 personnes en France souffrent de ces affections. Pourtant, la santé cérébrale est souvent moins surveillée que celle du cœur ou des muscles, malgré l’importance de préserver notre cerveau tout au long de la vie.
Selon la neuropsychologue clinicienne Janina Kamm, notre cerveau reste flexible et malléable tout au long de notre existence. Elle explique que « un cerveau qui reste plastique est un cerveau plus résilient ». Investir dans la santé cérébrale permet non seulement de mieux vieillir, mais aussi de renforcer la capacité à gérer le stress, d’acquérir plus rapidement de nouvelles compétences et d’être plus adaptable. Elle conseille à chacun d’adopter trois habitudes simples pour préserver ses fonctions cognitives.
Trois habitudes pour stimuler la santé du cerveau
- Pratiquer une activité physique régulière. Selon elle, « l’activité physique à intensité modérée augmente la production de facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF) ». Ce « fertilisant » pour les cellules nerveuses favorise la croissance de connexions neuronales. Elle recommande une séance d’environ 30 minutes, cinq fois par semaine, avec des activités comme la marche rapide, le vélo léger, la natation tranquille ou la danse.
- Prendre soin de son sommeil. La spécialiste insiste sur l’importance du sommeil, qui permet au cerveau de consolider les apprentissages et de « nettoyer » ses déchets grâce au système glymphatique. La privation chronique de sommeil nuit à la capacité du cerveau à former et stabiliser de nouvelles connexions, ce qui freine la plasticité cérébrale. Elle suggère d’adopter des petits gestes, comme se coucher à heure régulière ou limiter l’usage des écrans avant de dormir. En cas de difficultés persistantes, la thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie peut être envisagée avec un médecin.
- Entretenir ses relations sociales. Selon elle, « l’interaction sociale sollicite plusieurs systèmes du cerveau liés au langage, à l’émotion, à la mémoire et à l’attention ». Une vie sociale active est associée à un déclin cognitif plus lent et à une plus grande réserve cognitive en vieillissant. Par ailleurs, l’isolement social augmente le risque de mortalité prématurée d’environ 26 à 29 %, selon les autorités sanitaires américaines.
Pourquoi privilégier ces habitudes plutôt que les jeux cérébraux ?
Alors que de nombreux programmes d’entraînement cérébral via des applications mobile sont populaires, Janina Kamm reste réservée. Elle souligne que « ces jeux et applications, souvent présentés comme des outils d’évaluation ou de développement cognitif, sont peu susceptibles d’améliorer réellement la fonction mentale ». Pour préserver ses capacités cognitives, il est donc plus efficace d’adopter ces trois habitudes de vie simples et accessibles au quotidien.






