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Ces choix de vie augmentent-ils votre risque de cancer de l’ovaire ?

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Un lien entre parcours reproductive et risque de cancer de l’ovaire

Pour beaucoup de femmes, avoir ses règles dès l’âge de 11 ans, attendre un premier enfant tardivement ou ne pas en avoir du tout semble normal. Cependant, des médecins s’interrogent sur la façon dont ces trajectoires hormonales pourraient influencer le risque de développer un cancer de l’ovaire, un cancer particulièrement redouté en gynécologie.

Les résultats d’une étude coréenne

Une étude menée en Corée du Sud auprès de près de 2,3 millions de femmes âgées de 40 ans a révélé que certaines caractéristiques de la vie reproductive sont liées à un risque accru. Les femmes ayant eu leurs règles précoces, à 12 ans ou avant, et ayant connu une vie reproductive plus longue présentent un risque plus élevé de développer ce cancer. Ces résultats ont été publiés le 3 février 2026 dans la revue JAMA Network.

Une étude détaillée sur l’histoire reproductive

Les chercheurs ont analysé l’histoire reproductive de femmes nées entre 1930 et 1960. Ils ont examiné divers facteurs : l’âge des premières règles, le nombre d’enfants, l’allaitement, l’utilisation de contraception, la ménopause et le traitement hormonal substitutif. Leur hypothèse est que plus une femme ovule souvent au cours de sa vie, plus la surface de son ovaire subit de micro-lésions et de réparations. Ces micro-déchirures peuvent favoriser des erreurs dans la copie des cellules, augmentant ainsi le risque de cancer. Les spécialistes parlent de la théorie des « ovulations incessantes », où hormones stimulantes et inflammation chronique jouent un rôle.

Le nombre d’enfants, un facteur protecteur

Un autre point clé de l’étude est que le fait d’avoir au moins deux enfants réduit d’environ 30 % le risque de cancer de l’ovaire. Cette protection était particulièrement visible chez les femmes nées avant les années 1950, à une époque où les familles comptaient souvent trois, quatre ou cinq enfants. Chez celles nées dans les années 1960, où la fécondité a diminué, cet effet protecteur était moins marqué.

Chaque grossesse, chaque période d’allaitement ou encore la prise de pilules contraceptives permet de faire une pause dans l’activité ovarienne. Dans l’étude, la pilule était associée à un risque plus faible chez les femmes encore réglées, tandis que la hormonothérapie après la ménopause augmentait le risque.

Impacts du mode de vie en France et ailleurs

En France, comme dans d’autres pays où la natalité est en baisse, de nombreuses femmes ont des règles précoces, peu d’enfants ou aucun, et leur vie professionnelle retarde souvent les grossesses. Cela signifie généralement plus d’années d’ovulations, ce qui peut augmenter leur risque de développer un cancer de l’ovaire par rapport à leurs ancêtres.

Quels symptômes doivent alerter ?

Le cancer de l’ovaire représente environ 5 200 nouveaux cas chaque année en France, entraînant près de 3 400 à 3 500 décès, ce qui en fait la première cause de mortalité par cancer gynécologique. Parmi les facteurs de risque, on retrouve des éléments génétiques (antécédents familiaux), l’âge (plus de 60 ans), et la surcharge pondérale. Des facteurs hormonaux comme la précocité des règles, l’absence de grossesse à terme, une grossesse tardive ou une ménopause tardive ont aussi été liés à un risque accru. Récemment, il a été montré que les femmes atteintes d’endométriose sont également plus susceptibles de développer ce cancer.

En cas de symptômes persistants comme des douleurs abdominales, des ballonnements, une sensation de trop manger ou des troubles de la miction, il est conseillé de consulter un médecin. D’autres signes moins fréquents incluent des douleurs dorsales, de la constipation, des gaz, une perte d’appétit, des nausées, des vomissements, des reflux ou des douleurs thoraciques. Si ces symptômes durent plus de deux semaines, une évaluation médicale est recommandée.

Les examens et la prévention

En cas de suspicion, un ultrason pelvien est généralement réalisé pour examiner les ovaires, les trompes de Fallope et l’utérus à la recherche de kystes ou de masses anormales. Il est important de noter que la majorité des kystes et tumeurs ovariennes sont bénins.

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