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Ce signal méconnu peut sauver des vies face à la maladie de Charcot

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La maladie de Charcot, ou sclérose latérale amyotrophique, reste longtemps silencieuse. Elle progresse souvent à bas bruit avant d’être détectée. Pourtant, un symptôme discret peut apparaître plusieurs années avant les premiers signes moteurs, sans forcément attirer l’attention.

Ce signal peu connu du grand public mérite une vigilance particulière. Le reconnaître ne permet pas de poser un diagnostic définitif, mais incite à consulter un médecin plus rapidement. Surveiller ce symptôme peut donc favoriser une prise en charge plus précoce de la maladie.

Une maladie grave diagnostiquée tardivement

Une pathologie neurodégénérative difficile à détecter

La sclérose latérale amyotrophique est une maladie grave et incurable. Elle détruit progressivement les motoneurones, qui contrôlent les muscles volontaires. Le diagnostic intervient souvent lorsque les troubles moteurs deviennent évidents. La maladie est généralement fatale en trois à cinq ans après la diagnostic.

Identifier des signes précoces est un enjeu majeur pour la recherche. Depuis peu, les scientifiques s’intéressent à des symptômes qui apparaissent bien avant la paralysie. Ces signes, longtemps considérés comme secondaires, pourraient aider à diagnostiquer la maladie plus tôt.

Les troubles du sommeil, un signe précoce

Des études récentes ont mis en évidence un symptôme inattendu : les troubles du sommeil. Selon des chercheurs de l’Inserm et de l’université de Strasbourg, ces troubles apparaissent entre trois et cinq ans avant les premiers symptômes moteurs.

On observe souvent des réveils nocturnes fréquents, une augmentation des éveils et une réduction du sommeil profond. Pourtant, ces troubles sont fréquents dans la population générale. Leur apparition isolée ne suffit pas à alerter, ce qui retarde souvent la suspicion d’une maladie neurodégénérative grave.

Une relation mal comprise entre sommeil et maladie

Pendant longtemps, on a pensé que ces troubles du sommeil étaient liés à l’atteinte respiratoire causée par la maladie. La dégénérescence musculaire perturbe en effet la respiration nocturne. Mais cette hypothèse n’expliquait pas leur apparition très précoce.

Des observations similaires ont été faites dans d’autres maladies neurodégénératives, comme Parkinson ou Alzheimer. Le sommeil apparaît alors comme un marqueur neurologique précoce, révélant une atteinte cérébrale initiale. Cette nouvelle compréhension remet en question la chronologie des symptômes de la SLA.

Pourquoi surveiller le sommeil pourrait améliorer la prise en charge

Des études sur le sommeil à différents stades de la maladie

Des chercheurs ont analysé le sommeil de patients atteints de SLA à différents stades. Certains ne présentaient pas encore d’atteinte respiratoire. D’autres étaient pré-symptomatiques, avec des mutations génétiques. Enfin, des groupes témoins non atteints ont été étudiés.

Les résultats sont sans appel : tous les patients, même ceux sans troubles moteurs, présentaient des perturbations du sommeil. Ces anomalies apparaissent donc bien avant les symptômes classiques.

Le rôle des neurones à orexine dans l’éveil

Les scientifiques ont aussi étudié les neurones à orexine, situés dans l’hypothalamus. Ces neurones jouent un rôle clé dans la régulation de l’éveil.

Chez des souris atteintes d’un modèle de SLA, leur hyperactivité perturbe le sommeil. En administrant une molécule inhibitrice de l’orexine, utilisée dans certains somnifères, ils ont réussi à restaurer le sommeil après une seule prise. Après quinze jours de traitement, une meilleure conservation des motoneurones a été observée. Cela suggère un lien direct entre la qualité du sommeil et la progression de la neurodégénérescence.

Une piste pour ralentir la progression de la SLA

Ces découvertes offrent un espoir pour la prise en charge de la maladie. Un essai clinique est en cours pour tester l’effet de cette molécule chez des patients. Les chercheurs espèrent que restaurer le sommeil dès les premiers signes non moteurs pourrait ralentir la progression de la SLA.

Bien qu’il ne s’agisse pas encore d’une cure, cette approche pourrait améliorer la qualité de vie des patients. Surveiller et traiter précocement les troubles du sommeil pourrait devenir un outil précieux dans la lutte contre la maladie de Charcot.

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