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Cancer colorectal : détectez-le tôt pour sauver des vies

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Le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus meurtrier en France. Cependant, lorsqu’il est détecté à un stade précoce, il peut être guéri dans 90 % des cas. Chaque année, plus de 47 000 nouveaux cas sont diagnostiqués dans le pays. Il se classe au troisième rang chez l’homme et au second chez la femme. Ce cancer cause plus de 17 000 décès par an, ce qui en fait une des principales causes de mortalité par cancer en France.

Qu’est-ce que le cancer colorectal ?

Selon le Professeur Philippe Marteau, hépato-gastro-entérologue à l’Hôpital Saint-Antoine à Paris, il s’agit d’une tumeur maligne qui touche le côlon ou le rectum. La majorité des cancers du côlon se développent à partir de cellules de la muqueuse intestinale. Ce processus commence souvent par la formation de polypes, des lésions bénignes qui peuvent devenir cancéreuses avec le temps. Les maladies inflammatoires chroniques, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique, augmentent également le risque de développer un cancer colorectal.

Les différents stades du cancer colorectal

Le stade du cancer indique son degré d’extension, allant de 0 à 4 :

  • Stade 0 : La tumeur est limitée à la muqueuse et de petite taille.
  • Stade 1 : La tumeur a envahi les couches superficielles du côlon ou du rectum, sans toucher les tissus voisins.
  • Stade 2 : La tumeur a traversé la paroi intestinale et peut avoir envahi d’autres organes proches, sans toucher les ganglions.
  • Stade 3 : La maladie a atteint un ou plusieurs ganglions lymphatiques proches, sans métastases à distance.
  • Stade 4 : La tumeur s’est propagée à d’autres parties du corps, comme le foie, les poumons ou les ovaires, sous forme de métastases.

Âge et facteurs de risque

Le diagnostic survient en moyenne à 71 ans chez l’homme et 72 ans chez la femme. La France, comme d’autres pays d’Europe occidentale, présente un risque élevé. Les personnes d’origine africaine ou asiatique sont généralement moins touchées. Parmi les facteurs favorisant le cancer colorectal figurent l’âge, le surpoids, la sédentarité, la consommation excessive d’alcool, le tabac, une alimentation riche en viande rouge et en charcuterie, ainsi que des antécédents familiaux ou personnels de maladies inflammatoires intestinales.

Symptômes du cancer colorectal

Les symptômes apparaissent souvent tard, lorsque la maladie est déjà avancée. Il faut rester vigilant face au sang dans les selles, aux troubles du transit (constipation ou diarrhée) et aux douleurs abdominales. Ces signes ne sont pas spécifiques, mais leur persistance ou leur intensité doit conduire à consulter un médecin. Si non traité, le cancer peut se propager vers le foie, les ganglions ou d’autres organes, sous forme de métastases.

Comment dépister le cancer du côlon ?

Le dépistage dépend du risque individuel. Chez les personnes sans symptômes ni facteurs de risque spécifiques, un programme organisé propose un test immunologique de recherche de sang occulte dans les selles tous les deux ans, entre 50 et 74 ans. Ce test peut être effectué à domicile avec un kit envoyé par courrier ou en pharmacie. En cas de résultat positif, une coloscopie est nécessaire pour rechercher et éventuellement retirer un polype ou une tumeur.

Les personnes présentant des antécédents familiaux ou des symptômes digestifs peuvent bénéficier d’une coloscopie directement, hors du programme de dépistage. Les patients à haut ou très haut risque, comme ceux atteints du syndrome de Lynch ou de polypose, sont suivis plus tôt et plus fréquemment.

Le déroulement d’un examen de dépistage

La coloscopie est l’examen principal pour visualiser l’intérieur du côlon et du rectum. Effectuée sous anesthésie, elle permet de repérer des polypes ou autres lésions. Des prélèvements peuvent être réalisés pour analyser la nature des lésions ou pour les retirer. Si un cancer est confirmé, un bilan d’extension est réalisé pour vérifier la présence de métastases ou d’atteinte d’autres organes.

Traitements du cancer colorectal

La chirurgie est la principale méthode de traitement. Elle consiste à retirer la tumeur et une partie des tissus environnants. La chirurgie peut se faire par voie coelioscopique. Dans la plupart des cas, cela suffit si la maladie n’a pas évolué vers des métastases.

Dans de rares situations, une colostomie, c’est-à-dire la création d’un anus artificiel, peut être nécessaire. La chimiothérapie est souvent associée, notamment avant ou après l’opération, pour réduire les risques de récidive. La radiothérapie est principalement utilisée pour les cancers du rectum.

Des traitements ciblés, qui agissent sur certains récepteurs moléculaires, existent également. Maintenir une activité physique régulière et une alimentation équilibrée est conseillé. La recherche porte aussi sur le microbiote intestinal, mais aucun probiotiques ou compléments alimentaires n’ont encore prouvé leur efficacité dans ce contexte.

Espérance de vie

Selon l’Institut national du cancer, la survie à cinq ans pour le cancer colorectal est de 63 %. Elle est de 62 % chez les hommes et de 65 % chez les femmes. La mortalité a diminué en moyenne de 2 % par an chez l’homme et de 1,5 % chez la femme entre 2012 et 2022.

Prévenir le cancer du côlon

Adopter une hygiène de vie saine permet de réduire le risque. Il est conseillé de privilégier une alimentation équilibrée, avec moins de viande rouge, de charcuterie et de grillades, et davantage de poissons, de céréales complètes, de fruits et de légumes. La pratique régulière d’exercice physique, l’arrêt du tabac et la limitation de la consommation d’alcool sont aussi importants.

Le dépistage par recherche de sang dans les selles à partir de 50 ans facilite la détection précoce. La coloscopie en cas de doute ou si un membre de la famille a été touché est également recommandée. Dans certains cas héréditaires, comme la polypose adénomateuse familiale, une ablation précoce des polypes est indispensable.

Merci au Professeur Philippe Marteau, spécialiste en gastro-entérologie, pour ses conseils.

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