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Cancer chez les jeunes : une hausse alarmante depuis 1990

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Les idées reçues veulent que le cancer concerne principalement les personnes âgées, notamment les retraités. Pourtant, les données montrent une réalité différente. Selon une étude publiée dans la revue BMJ Oncology, le nombre de cancers détectés chez les jeunes adultes, âgés de 14 à 49 ans, a fortement augmenté depuis 1990. Si la majorité des diagnostics reste encore chez les plus de 50 ans, cette tendance doit attirer l’attention.

Entre 1990 et la fin des années 2010, le nombre de cancers précoces chez les 25-49 ans a augmenté d’environ 22 %. L’oncologue radiothérapeute Jiri Kubes, directeur médical du Proton Therapy Center de Prague, explique que « le problème n’est pas seulement que ces cancers apparaissent plus tôt, mais aussi que leurs symptômes sont souvent discrets. Beaucoup de jeunes ne pensent pas que le cancer peut les toucher. »

En France, plusieurs organismes, tels que la Ligue contre le cancer, l’INCa et Santé publique France, constatent une hausse de certains types de tumeurs chez les 15-39 ans. Parmi elles, le cancer colorectal, le cancer du sein ou encore certains cancers du rein. Le Dr Jiri Kubes souligne que cette augmentation pourrait être liée à des facteurs liés au mode de vie, comme la sédentarité, le manque de sommeil, la consommation d’aliments ultra-transformés, l’obésité ou encore l’inflammation chronique. Certaines études estiment qu’environ 40 % de ces cancers pourraient être évités en modifiant ces facteurs de risque, notamment le tabac, l’alcool, le surpoids ou la sédentarité.

« Si quelque chose dure des semaines et pas des jours, cela mérite de l’attention »

Pour le médecin, il est essentiel de sensibiliser plutôt que d’alarmer. « Repérer un problème tôt chez les moins de 50 ans permet de préserver une vie aussi normale que possible », affirme-t-il. Il insiste sur le fait que « ce qui compte, ce sont les changements persistants ». Selon lui, « si quelque chose dure plusieurs semaines plutôt que quelques jours, cela mérite d’être examiné ».

Il rappelle également que « de nombreux cancers précoces sont indolores. Attendre la douleur pour agir est une erreur fréquente ». Ainsi, tout symptôme qui s’installe, même modéré, doit conduire à consulter un médecin.

Concernant les signes à surveiller, le Dr Kubes détaille : « Des troubles digestifs qui persistent, une perte de poids inexpliquée, des grosseurs inhabituelles, des changements dans les habitudes intestinales ou une fatigue persistante ne doivent pas être ignorés, même à la vingtaine ou à la trentaine. » Il évoque aussi des maux de tête fréquents ou nouveaux, des troubles neurologiques inexpliqués ou encore des saignements ou douleurs qui durent.

Beaucoup de jeunes hésitent à consulter, pensant que leurs symptômes sont liés au stress ou à la fatigue. Le Dr Kubes encourage à faire confiance à son ressenti : « Si quelque chose ne disparaît pas ou vous semble anormal, il faut faire vérifier. Être proactif ne signifie pas exagérer. Une détection précoce peut sauver des vies. »

Quelques chiffres sur le cancer en France

En 2023, en France métropolitaine, on estime à 433 136 le nombre de nouveaux cas de cancer, soit environ 1 200 diagnostics par jour, selon l’Institut national du cancer. Les hommes représentent 57 % de ces cas, les femmes 43 %. L’âge médian au moment du diagnostic est de 70 ans chez les hommes et de 68 ans chez les femmes.

Chez les hommes, les cancers les plus courants sont ceux de la prostate, du poumon et du côlon. Chez les femmes, ce sont principalement les cancers du sein, suivis par le colorectal et le poumon.

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