Après un AVC, renforcer le bras sain peut améliorer la récupération
Un accident vasculaire cérébral (AVC) se produit lorsque la circulation sanguine vers une partie du cerveau est interrompue, entraînant des lésions. Le cerveau contrôle principalement le côté opposé du corps, mais participe aussi aux mouvements des deux bras. Lorsqu’une partie du cerveau est endommagée, un bras peut être très affecté, tandis que l’autre, moins touché, perd également en force, vitesse et coordination.
Cette perte de fonction rend les gestes quotidiens difficiles, provoque de la fatigue et pousse certains à abandonner des activités essentielles. Cependant, une nouvelle étude montre qu’il pourrait être bénéfique de renforcer le bras moins affecté, le « bras sain », pour améliorer la rééducation.
Une stratégie inattendue, mais efficace
Les chercheurs ont mené un essai clinique publié le 2 février 2026 dans la revue JAMA Neurology. L’étude portait sur 53 adultes souffrant d’un AVC chronique, avec un déficit sévère du bras opposé. Pendant cinq semaines, chaque participant a suivi 15 séances d’exercices, souvent via des jeux de réalité virtuelle, visant à stimuler le bras moins atteint.
Des résultats durables
Les participants ont été répartis en deux groupes : l’un entraînait le bras le plus affecté, l’autre le bras moins touché, utilisé pour des tâches comme manger ou se laver. Ceux qui ont travaillé sur leur bras moins atteint ont constaté qu’ils mettaient jusqu’à trois fois plus de temps pour réaliser des gestes simples, par rapport à ceux qui s’entraînaient sur le bras plus atteint.
Les auteurs expliquent que cette amélioration durable s’explique par une boucle de rétroaction simple : un bras qui fonctionne mieux est davantage utilisé, ce qui renforce les circuits moteurs grâce à la plasticité cérébrale. Cette approche est particulièrement adaptée aux personnes dont l’autre bras reste très limité, même plusieurs années après l’AVC.
Des bénéfices qui perdurent dans le temps
Après l’entraînement, ceux qui ont travaillé leur bras moins atteint ont réalisé le Jebsen-Taylor Hand Function Test environ 12 % plus vite. Ces progrès ont été maintenus trois semaines, puis six mois après la fin du programme.
Attention à l’autonomie dans la pratique
Les chercheurs précisent que ces résultats doivent encore être intégrés dans une prise en charge globale. Ils soulignent qu’il ne faut pas se lancer seul dans des exercices intensifs sans l’avis d’un professionnel. L’idéal est de discuter avec un médecin, un kinésithérapeute ou un ergothérapeute pour voir si cet entraînement ciblé peut s’ajouter à la rééducation classique.
Le contexte français
En France, en 2022, environ 120 400 personnes ont été prises en charge pour un AVC aigu. La moitié étaient des hommes, avec un âge moyen de 73 ans chez les hommes et 76 ans chez les femmes. Plus de 17 % avaient moins de 55 ans. La même année, près de 832 000 personnes souffraient de séquelles d’un AVC. On estime qu’au début de 2023, plus d’un million de personnes vivent avec des antécédents d’AVC dans le pays.
L’AVC, une cause majeure de handicap
Les conséquences d’un AVC varient selon la zone touchée, l’étendue des lésions et la rapidité des soins. Sur le plan moteur, il peut entraîner une paralysie ou une faiblesse d’un côté du corps, des troubles de l’équilibre et de la marche, avec un risque accru de chutes.
Les troubles du langage, comme l’aphasie, sont aussi fréquents. Certains ont des difficultés à parler, comprendre, lire ou écrire. D’autres rencontrent des troubles de l’articulation ou une voix moins claire. Les fonctions cognitives peuvent être affectées, notamment la mémoire, l’attention, le raisonnement ou l’orientation. La vitesse de pensée peut ralentir, rendant l’organisation quotidienne plus difficile.
Par ailleurs, des troubles sensoriels peuvent apparaître, comme une perte de sensibilité, des fourmillements ou des troubles visuels. La déglutition peut être compromise, augmentant le risque de fausses routes. Sur le plan psychologique, un AVC peut provoquer dépression, anxiété, fatigue importante ou instabilité émotionnelle. La personnalité peut aussi changer. Enfin, avoir subi un AVC augmente le risque de récidive, ce qui en fait une cause majeure de handicap à long terme.






