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AVC en France : un danger mortel pour les femmes plus que jamais

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En France, une personne souffre d’un accident vasculaire cérébral (AVC) toutes les quatre minutes. Les victimes sont à peu près réparties entre hommes et femmes, avec 53 % de hommes et 47 % de femmes. Cependant, les AVC sont plus graves chez les femmes, qui représentent 57 % des décès liés à cette pathologie. Mais pourquoi cette différence ?

Les raisons médicales et sociales

Sur le plan médical, il est souvent expliqué que les femmes vivent en moyenne plus longtemps (76 ans contre 70 ans pour les hommes), ce qui les amène à être plus âgées lorsqu’elles subissent un AVC. Elles présentent aussi davantage de pathologies sous-jacentes, augmentant leur risque de complications, selon la Dre Peggy Reiner, neurologue. Cependant, l’âge ne suffit pas à expliquer toute la complexité de cette situation. À mesure qu’elles vieillissent, les femmes sont souvent plus isolées socialement, ce qui peut retarder leur prise en charge en cas d’AVC.

De plus, le rôle social traditionnel des femmes reste important : elles ont tendance à privilégier la prise en charge des autres plutôt que la leur. Elles alertent rapidement leurs proches, mais minimisent souvent leurs symptômes ou hésitent à appeler les urgences, alors même qu’elles disposent d’une meilleure connaissance en santé. Le Pr Yannick Bejot, neurologue, souligne que ces comportements influencent la rapidité de leur prise en charge médicale.

Les délais d’arrivée à l’hôpital

Les femmes arrivent généralement à l’hôpital trois fois plus tard que les hommes après le début d’un AVC. Ce retard est critique, car chaque minute perdue entraîne la destruction de 2 millions de neurones. La rapidité de la prise en charge est essentielle : en cas d’AVC, le traitement doit être administré rapidement pour limiter les séquelles ou la mortalité. La thrombolyse doit être effectuée dans les 4 heures 30, tandis que la thrombectomie peut être réalisée jusqu’à six heures après le début des symptômes. Le principe “Time is brain” rappelle que chaque minute compte.

Les symptômes atypiques et le diagnostic

Les femmes présentent parfois des symptômes plus atypiques, comme des céphalées, des vertiges ou une fatigue intense, ce qui peut compliquer le diagnostic. Les médecins ont tendance à privilégier l’AVC chez les hommes ou à confondre certains symptômes féminins avec d’autres pathologies, comme la migraine avec aura. Cela peut entraîner un retard dans la reconnaissance de l’AVC chez les femmes.

Les facteurs biologiques et médicaux à risque

Biologiquement, certains facteurs spécifiques peuvent augmenter le risque d’AVC chez les femmes. La grossesse, la ménopause, ou l’utilisation de contraceptifs oraux peuvent jouer un rôle, mais il est important de noter que les hormones féminines sont souvent protectrices contre l’athérosclérose. En revanche, d’autres maladies plus fréquentes ou plus agressives chez les femmes peuvent favoriser les AVC, comme l’hypertension, la fibrillation atriale, le diabète, ou certaines maladies auto-immunes. L’inflammation chronique liée à des maladies comme l’endométriose peut aussi contribuer à l’obstruction des vaisseaux sanguins.

Les maladies à risque

L’hypertension artérielle (HTA) est une cause majeure d’AVC, responsable d’un cas sur deux. Après 60 ans, 75 % des femmes souffrent d’HTA. Bien que cette maladie soit souvent asymptomatique, elle est plus souvent traitée chez les femmes que chez les hommes, mais celles-ci ont plus de mal à atteindre l’objectif de pression. La fibrillation atriale, trouble du rythme cardiaque, est également plus fréquente chez les femmes et multiplie par trois le risque d’AVC si elle n’est pas traitée. Pourtant, leur traitement est parfois moins agressif en raison de craintes de complications.

Le diabète, la migraine avec aura, ou encore des maladies auto-immunes sont aussi associées à un risque accru d’AVC. L’inflammation chronique peut favoriser la formation de plaques d’athérome dans les vaisseaux, qui bouchent les artères cérébrales.

Une situation préoccupante mais modifiable

Les femmes accumulent souvent plusieurs facteurs de risque et comorbidités, comme le tabagisme ou le surpoids, ce qui augmente leur vulnérabilité. Par exemple, prendre la pilule, être fumeuse et souffrir de migraines avec aura multiplie par 27 leur risque d’AVC. Cependant, des efforts de sensibilisation, l’amélioration des traitements et une prise en charge personnalisée permettent d’espérer réduire ces risques et d’améliorer la santé vasculaire des femmes.

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