Les risques de carences lors de la prise d’agonistes du GLP-1
Les médicaments comme Ozempic ou Wegovy, qui appartiennent à la famille des agonistes du GLP-1, sont souvent qualifiés de « médicaments miracles » contre l’obésité. En France, où près d’un adulte sur deux souffre de surpoids, leur popularité ne cesse de croître. Ces traitements agissent en imitant l’hormone de la satiété, ce qui permet de réduire l’appétit. Cependant, leur utilisation peut entraîner des risques pour l’équilibre nutritionnel.
En supprimant radicalement la sensation de faim, ces médicaments modifient en profondeur notre alimentation. Certaines études indiquent que certains patients pourraient ne pas consommer suffisamment de nutriments essentiels, comme les vitamines, fibres et minéraux. À long terme, cela peut provoquer de la fatigue, une perte musculaire ou des carences silencieuses.
Le marché des compléments alimentaires en plein essor
Face à ces préoccupations, un nouveau marché se développe rapidement. Des fabricants proposent désormais des compléments alimentaires dits de « soutien du GLP-1 ». Ces produits prétendent compenser les effets secondaires, comme la perte de masse musculaire ou les carences en vitamines, en apportant des nutriments complémentaires. Mais ces suppléments sont-ils réellement indispensables pour réussir son traitement ?
Pourquoi pourrait-on avoir besoin de compléments ?
La popularité des agonistes du GLP-1 soulève une question essentielle : mangeons-nous suffisamment pour couvrir nos besoins ? En ralentissant la digestion et en réduisant l’appétit, ces médicaments peuvent faire diminuer l’apport en vitamines (A, C, D, E, K), en fibres ou en minéraux comme le fer, le calcium, le magnésium, le zinc ou le cuivre. Les données scientifiques à ce sujet restent toutefois mitigées : certaines études estiment que plus de 20 % des utilisateurs pourraient présenter un risque de carence lors de la première année de traitement, tandis que d’autres indiquent que ce chiffre serait inférieur à 1 %.
Ce contexte a permis l’émergence d’un marché de compléments alimentaires « spécialisés ». Ces produits prétendent combler les déficits nutritionnels et atténuer certains troubles digestifs liés au traitement. Cependant, leur nécessité n’est pas clairement établie, et leur efficacité reste à prouver.
Sont-ils réellement utiles ?
La majorité des études sur le lien entre ces médicaments et les carences nutritionnelles sont encore observationnelles. Cela signifie que l’on peut constater une corrélation entre la prise du traitement et une baisse de certains nutriments, sans pouvoir affirmer que l’un cause l’autre directement. Il est donc préférable de privilégier une alimentation riche en nutriments plutôt que de se reposer sur des compléments.
Une alimentation variée, comprenant des fruits et légumes, des céréales complètes, des noix, des graines, des produits laitiers ou leurs alternatives enrichies, ainsi que des protéines maigres ou végétales, permet de maintenir un apport équilibré en nutriments. Si vous pensez avoir besoin d’un complément, il est conseillé de consulter un professionnel de santé, comme un diététicien ou un nutritionniste. En effet, la prise excessive de certains compléments peut saturer l’organisme ou endommager le foie et les reins, qui doivent éliminer les excès de vitamines et minéraux.
Généralement, les vitamines et minéraux classiques disponibles en pharmacie suffisent à couvrir les besoins. Il est donc rarement nécessaire de recourir à des produits coûteux spécifiquement destinés aux personnes sous agonistes du GLP-1.






