Accueil Santé Pourquoi après 40 ans, votre corps refuse le sucre

Pourquoi après 40 ans, votre corps refuse le sucre

10
0

Selon la gynécologue Natalia Gennaro, spécialisée en anti-âge et installée en Espagne, un changement discret s’opère chez les femmes après 40 ans : leur corps ne réagit plus de la même manière au sucre. Elle souligne que « le sucre n’est pas fait pour nous, spécialement à partir de 40 ans », en insistant sur l’impact des hormones féminines qui se dérèglent bien avant la ménopause.

En périménopause, les signaux deviennent plus fréquents : envies de sucre accrues, prise de ventre malgré une alimentation stable, fatigues après les repas… Ces phénomènes sont liés à la baisse des œstrogènes, de la progestérone et de la testostérone, qui favorisent des pics glycémiques, l’inflammation et la résistance à l’insuline. Il ne s’agit pas d’interdire le sucre, mais de reconnaître que son impact métabolique se renforce, affectant le poids et le niveau d’énergie.

Après 40 ans, le tournant hormonal

Les cellules du corps possèdent des récepteurs aux hormones comme les œstrogènes, la progestérone et la testostérone, souvent qualifiées de « hormones de jeunesse ». Natalia Gennaro rappelle que leur production diminue déjà jusqu’à 15 ans avant la ménopause, ce qui signifie qu’une femme de 40 à 45 ans peut déjà ressentir ces effets. Pendant que ces hormones déclinent, l’insuline et le cortisol, liés au métabolisme du sucre et au stress, prennent de plus en plus d’importance.

Lorsque les œstrogènes chutent, le système immunitaire s’active plus facilement, entraînant une inflammation chronique de bas grade. La spécialiste explique que cette inflammation peut atteindre jusqu’à « cinq fois » la normale. Dans ce contexte, chaque consommation excessive de sucre provoque des variations plus importantes de la glycémie après les repas, fatigant le pancréas et favorisant le stockage de graisse, notamment au niveau du ventre.

Pics glycémiques, insuline et prise de ventre

Une étude nutritionnelle britannique, ZOE PREDICT, menée au début des années 2020, montre que les femmes en post-ménopause ont une réponse du glucose après les repas supérieure de 42 % à celle des femmes en préménopause. Leur production d’insuline est également plus élevée (+4 %), et elles consomment en moyenne 12 % de sucre en plus. Leurs marqueurs à jeun, comme la glycémie ou l’HbA1c, sont aussi plus élevés, indiquant une résistance accrue à l’insuline.

La résistance à l’insuline désigne une situation où les cellules répondent moins bien à cette hormone, obligeant le pancréas à en produire davantage. Cela crée un cercle vicieux : pics de glycémie, « crash » après une ou deux heures, fringales, puis stockage de graisse viscérale. Une étude de l’université Harvard relie cette évolution à une augmentation du tour de taille après 50 ans. Plusieurs signes doivent alerter :

  • Fatigue ou somnolence après avoir consommé des glucides ;
  • Envies fortes de sucre en fin de matinée ou d’après-midi ;
  • Brouillard mental ou difficultés de concentration ;
  • Prise de poids concentrée au niveau de l’abdomen, malgré une alimentation stable.

Comment limiter ces effets ?

Pour lutter contre cette inflammation, Natalia Gennaro recommande une alimentation anti-inflammatoire adaptée à chaque personne. Elle conseille d’augmenter la consommation de légumes, de privilégier les fruits rouges bien lavés, et de réduire drastiquement les glucides. Elle insiste aussi sur l’importance de repérer les sucres cachés, présents dans le pain blanc, les pâtes raffinées, le riz trop cuit ou les pâtisseries, qui se transforment rapidement en glucose.

Une diététicienne, Elvire Latreille, rappelle que l’indice glycémique dépend aussi des fibres, de la cuisson et de la composition du repas. Associer protéines, lipides de qualité et légumes permet de ralentir l’absorption du sucre.

D’après le site Ameli.fr, une bonne hygiène de vie dès la début de la pré-ménopause est essentielle : activité physique régulière et alimentation limitée en sucres simples. Le manque de sommeil et le stress chronique, qui augmentent le cortisol, favorisent aussi les envies de sucre.

Enfin, Natalia Gennaro insiste sur l’intérêt de pratiquer des exercices de musculation. Avec l’âge, la masse musculaire diminue, mais cela permet d’améliorer la sensibilité à l’insuline et de soutenir le métabolisme. Entre 40 et 55 ans, il est conseillé de consulter son médecin pour faire un bilan (glycémie, HbA1c, profil lipidique, tension) afin de repérer précocement d’éventuelles dérives et d’adapter son mode de vie ou ses traitements si nécessaire.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici