La vitamine K, connue pour son rôle dans la coagulation sanguine et la solidité des os, pourrait aussi jouer un rôle dans la lutte contre le déclin cognitif. Des chercheurs japonais ont développé une molécule dérivée de cette vitamine capable de stimuler la formation de nouveaux neurones en laboratoire. Cette avancée pourrait ouvrir la voie à des traitements visant à réparer un cerveau endommagé par l’âge ou la maladie.
Les scientifiques pensent que cet analogue pourrait, à terme, ralentir ou même inverser certains troubles de la mémoire liés à des maladies comme Alzheimer ou Parkinson. Bien que ces résultats soient encore limités aux expériences sur des cellules et des souris, le fait qu’un dérivé de vitamine K puisse traverser la barrière entre le sang et le cerveau suscite de l’espoir, tout en demandant la prudence.
Qu’est-ce que le déclin cognitif ?
Le déclin cognitif désigne une baisse progressive des capacités mentales, comme la mémoire, l’attention ou la vitesse de réflexion. Il accompagne souvent le vieillissement normal, mais peut devenir plus grave si la perte de neurones s’accélère. Dans les cas sévères, cette détérioration peut évoluer vers des maladies neurodégénératives telles qu’Alzheimer ou Parkinson. Actuellement, les traitements existants soulagent certains symptômes, mais ne restaurent pas totalement les circuits neuronaux endommagés. La recherche sur la neurogenèse, ou la création de nouveaux neurones, suscite donc un grand intérêt.
Une vitamine prometteuse : le “composé 7”
Une équipe de neuroscientifiques du Shibaura Institute of Technology, au Japon, a synthétisé douze analogues de la vitamine K pour renforcer ses effets sur le cerveau. Leur recherche, publiée en 2025 dans la revue ACS Chemical Neuroscience, a identifié un composé nommé “composé 7”.
Ce dernier, testé sur des cellules souches neurales de souris, a grandement favorisé leur transformation en neurones, un processus essentiel à la neurogenèse. Chez la souris vivante, le composé 7 franchit la barrière hémato-encéphalique puis se transforme en MK-4, une forme de vitamine K très présente dans le cerveau. Ce double avantage — action directe sur les cellules souches et apport d’une forme bioactive — pourrait être intéressant pour lutter contre Alzheimer et Parkinson. Selon Yoshihisa Hirota, l’un des auteurs de l’étude, “Un médicament issu de la vitamine K, capable de ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer ou d’en atténuer les symptômes, pourrait améliorer la vie des patients et de leurs proches.”
Que faire en attendant ?
Il est tentant de penser qu’augmenter sa consommation de vitamine K, par exemple en mangeant plus d’épinards, pourrait protéger la mémoire. Cependant, les chercheurs travaillent sur un analogue optimisé, conçu comme un potentiel médicament. À ce jour, aucune étude clinique n’a prouvé qu’un apport accru en vitamine K permettrait de ralentir ou d’inverser un déclin cognitif.
En revanche, la vitamine K reste essentielle pour la coagulation et la santé des os. Il est conseillé d’en consommer régulièrement via une alimentation diversifiée. On la trouve notamment dans :
- Légumes verts : épinards, brocoli, chou, laitue, persil ;
- Aliments fermentés : choucroute, kéfir, miso ;
- Fromages affinés comme le gouda ou le comté ;
- Jaune d’œuf et foie.
Pour les personnes âgées, varier les sources de vitamine K chaque jour est une bonne habitude pour la santé générale. Cependant, celles qui prennent des anticoagulants de type AVK (warfarine, Coumadine, Préviscan) doivent consulter leur médecin avant d’ajuster leur consommation. En effet, cet équilibre alimentaire influence directement l’efficacité du traitement. Les années à venir permettront de voir si le composé 7 pourra passer des tests sur l’humain et avoir un véritable impact sur la mémoire et les fonctions cognitives.






