Les médicaments de la famille des GLP-1, tels qu’Ozempic, Wegovy ou Mounjaro, gagnent en popularité chez les personnes souhaitant perdre du poids. Cependant, ces traitements ont révélé des effets inattendus sur le cœur.
Des études antérieures avaient montré que ces médicaments, qui agissent comme des agonistes du GLP-1, améliorent la circulation sanguine dans le muscle cardiaque après un infarctus. Mais une nouvelle recherche indique que cette protection pourrait disparaître rapidement en cas d’arrêt du traitement.
Une étude sur plus de 330 000 patients
Des chercheurs de l’université Washington à Saint-Louis, aux États-Unis, ont suivi durant trois ans plus de 333 000 anciens combattants américains. Ils ont comparé deux groupes : ceux prenant un traitement à base de GLP-1 et ceux utilisant une autre classe de médicaments contre le diabète.
Les résultats montrent que plus la durée d’interruption du traitement est longue, plus le risque d’infarctus, d’accident vasculaire cérébral ou de décès augmente. En revanche, ceux qui poursuivaient leur traitement présentaient un risque moindre.
Le risque augmente avec la durée d’arrêt
Les médicaments concernés incluent notamment le sémaglutide, présent dans Ozempic et Wegovy, ainsi que le tirzépatide, utilisé dans Mounjaro et Zepbound. Lors de l’étude, 26 % des patients ayant utilisé ces médicaments ont interrompu leur traitement pendant 6 à 24 mois avant de le reprendre.
Les chercheurs ont constaté que même une interruption de six mois avant la reprise augmentait le risque cardiovasculaire de 4 à 8 % par rapport à ceux qui continuaient leur traitement. Une année sans traitement entraînait une hausse de 14 %, deux années, une hausse de 22 %.
Le Dr Ziyad Al-Aly, épidémiologiste et principal auteur de l’étude, souligne que l’enthousiasme pour ces traitements ne doit pas faire oublier les risques liés à leur arrêt.
Reprendre le traitement ne suffit pas à tout réparer
Beaucoup de patients interrompent leur traitement pour diverses raisons : coût, effets secondaires ou rupture de stock. Selon le Dr Al-Aly, l’arrêt du traitement entraîne non seulement une reprise de poids, mais aussi une résurgence de l’inflammation, de la pression artérielle et du cholestérol.
Il note que la reprise du traitement permet de récupérer une partie de la protection cardiovasculaire, mais pas complètement. L’arrêt laisse des séquelles durables, ce qui souligne l’importance de la continuité du traitement dans la prise en charge du diabète de type 2.
Les médecins doivent ainsi considérer l’observance de ces traitements comme un critère essentiel, plutôt qu’un simple aspect secondaire, afin d’assurer une meilleure protection pour leurs patients.






