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Mémoire en déclin dès 40 ans : ce que vous ignorez peut vous surprendre

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La mémoire commence à décliner dès la quarantaine, selon une étude

Oublier où l’on a rencontré quelqu’un ou confondre des détails d’un souvenir est souvent considéré comme un signe de vieillesse. Pourtant, une étude récente menée par des chercheurs de la Binghamton University, aux États-Unis, montre que le déclin de la mémoire peut commencer bien avant la retraite, dès la quarantaine.

Publié le 14 juillet 2026 dans la revue scientifique Cerebral Cortex, ce travail révèle que la précision des souvenirs diminue entre 40 et 50 ans. Il ne s’agit pas de pertes spectaculaires ou de trous noirs dans la mémoire. Au contraire, le cerveau continue de reconnaître les informations, mais il se trompe dans les liens qui relient ces souvenirs. C’est cette erreur de liaison qui est au centre de l’étude.

Un déclin observable dès la quarantaine

Pour analyser ces changements, les chercheurs Destaw B. Mekbib et Ian McDonough ont recruté une soixantaine d’adultes âgés de 18 à 74 ans. Chaque participant a été exposé à des images de visages associés à des objets ou des scènes, puis a fait une pause de cinq minutes. Lors du test de mémoire, une IRM fonctionnelle a permis d’observer l’activité de l’hippocampe, une région clé pour la mémoire.

Les résultats montrent que la quarantaine est une période critique. Selon Ian McDonough, cette phase est souvent sous-estimée dans la recherche sur la mémoire. Il explique que la plupart des études se concentraient auparavant sur la différence entre jeunes adultes et personnes âgées. Or, il apparaît que certains processus hippocampiques commencent déjà à décliner dès la moitié de la vie, avec une réduction de la précision des souvenirs.

Les erreurs d’association plutôt que l’oubli

La recherche s’intéresse particulièrement à la mémoire associative, qui relie deux éléments, comme un visage et un lieu. Chez les personnes d’âge moyen, la reconnaissance des images n’est pas totalement altérée, mais elles font souvent des erreurs en attribuant le mauvais objet ou la mauvaise scène. Cela traduit une confusion dans le lien entre les souvenirs, ressemblant à une sensation de « déjà-vu ».

Selon Ian McDonough, cette difficulté vient du fait que, avec l’âge, les participants reconnaissent la familiarité des images mais ont du mal à maintenir le lien précis. Chez les jeunes adultes, ces erreurs sont liées à une réactivation insuffisante de l’hippocampe. Chez les plus âgés, paradoxalement, l’IRM montre une forte activation, mais mal orientée, ce qui entraîne des confusions.

Une étape encore mal comprise

Les chercheurs s’étonnent de l’apparition de ce déclin dès la quarantaine, mais aussi de la manière dont l’hippocampe évolue. Selon eux, plus cette région est réactivée pour tenter d’encodage, plus le risque d’erreurs augmente. La réactivation, qui doit normalement stabiliser le souvenir, semble à la fois favoriser l’erreur chez les adultes plus âgés, signe d’un fonctionnement cérébral qui se détériore progressivement.

Le professeur McDonough reste prudent : il souligne que le déclin n’est pas uniforme dans toutes les régions du cerveau durant cette période. Certaines zones peuvent décliner plus rapidement que d’autres. Il recommande de suivre de près ces évolutions sur plusieurs années et d’étudier si des stimulations cérébrales après l’apprentissage pourraient améliorer la consolidation des souvenirs chez les adultes d’âge moyen.

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