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Cancer en hausse : une explosion prévue d’ici 2050

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Une augmentation majeure attendue dans le nombre de nouveaux cas de cancer d’ici 2050

Le cancer demeure l’un des plus grands défis de santé publique à l’échelle mondiale. Malgré des progrès importants dans le dépistage et les traitements, le nombre de personnes touchées devrait continuer à augmenter rapidement dans les prochaines décennies. Selon le Rapport mondial de situation sur le cancer 2026 publié le 8 juillet, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) prévoit une hausse de près de 67 % du nombre de nouveaux cas d’ici 2050. Le nombre de diagnostics passerait ainsi de 20,6 millions en 2024 à environ 35 millions par an vers le milieu du siècle.

Cette croissance ne s’explique pas uniquement par une augmentation du risque individuel. L’OMS souligne plusieurs facteurs en jeu. Toutefois, une partie de ces futurs cancers pourrait être évitée grâce à une meilleure prévention.

Des chiffres déjà préoccupants

En 2024, le cancer a causé 9,7 millions de décès dans le monde, restant une des principales causes de mortalité. Si certains pays riches, comme les États-Unis, voient leurs nouveaux cas se stabiliser, l’OMS prévoit une augmentation dans toutes les autres régions, notamment en Afrique et en Méditerranée orientale. Par ailleurs, les progrès dans les traitements permettent d’améliorer la survie : dans les pays à hauts revenus, la proportion de patients survivant cinq ans ou plus atteint désormais entre 80 et 90 % pour certains cancers, comme ceux du sein et de la prostate.

Pourquoi le nombre de cancers augmente-t-il ?

Le rapport de l’OMS explique que cette hausse est due à plusieurs facteurs. La démographie joue un rôle majeur : la population mondiale augmente, avec plus de personnes âgées, plus exposées au risque de cancer. Par ailleurs, certains facteurs de risque modifiables contribuent à cette tendance. Le tabac, l’alcool, une alimentation déséquilibrée et l’obésité sont en cause. Cette dernière est liée à plus d’une douzaine de types de cancers, notamment ceux du foie, du pancréas et du colorectal, selon les National Institutes of Health (NIH). Enfin, l’amélioration de la surveillance et des registres permet de détecter davantage de tumeurs autrefois sous-représentées. Au total, « quatre cas de cancer sur dix sont liés à des facteurs de risque… que nous savons déjà comment traiter », rappelle l’épidémiologiste du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), Isabelle Soerjomataram.

Des inégalités de survie encore très marquées selon les pays

Au-delà des chiffres globaux, de fortes disparités existent entre les pays. Pour le cancer du sein, la survie à cinq ans dépasse 85 % dans les nations riches, mais chute à moins de 30 % dans celles où l’accès au dépistage et aux traitements est limité. Le cancer du col de l’utérus illustre également ces différences : quasiment éradiqué dans certains pays grâce à la prévention, il reste très fréquent en Afrique subsaharienne.

L’OMS souligne que des progrès sont possibles. La réduction du tabagisme et la généralisation de la vaccination contre le papillomavirus ont déjà montré leur efficacité. Cependant, l’augmentation rapide de l’obésité inquiète fortement les experts. André Ilbawi met en garde : « Ce sera un fardeau supplémentaire considérable pour tous les pays du monde lorsque les cancers liés à l’obésité deviendront la norme. »

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